Alors que les lieux réservés aux adultes sans enfants sont de plus en plus fréquents, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) tire la sonnette d'alarme. Dans un document publié le 6 juillet, elle dénonce cette tendance comme étant à la fois "discriminatoire" et "illégale", tout en formulant des recommandations pour rétablir la place des jeunes dans l'espace public.
Une intolérance grandissante
La CNCDH souligne une réduction significative de la présence des enfants dans les espaces publics au cours des quarante dernières années. Ce constat soulève un paradoxe : d'une part, l'intolérance croissante envers les enfants, d'autre part, l'inquiétude liée à la faiblesse du taux de natalité, qui atteint son niveau le plus bas en France depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le phénomène des espaces "no kids", encore peu répandu dans l'Hexagone, a récemment suscité la controverse après une déclaration de la SNCF. Son annonce d'une nouvelle classe Optimum, excluant les enfants de moins de 12 ans pour garantir le "calme" et le "confort" des passagers, a entraîné une forte réaction du public.
Interdire les espaces 'no-kids'
La CNCDH, saisie par la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, s'est penchée sur la question avec l'objectif de trouver des solutions face à ce qu'elle perçoit comme un "infantisme". Parmi ses recommandations, elle suggère d'interdire les espaces "no-kids" sauf lorsqu'il est nécessaire de protéger les enfants. Sarah El Haïry a déclaré sur RMC : "Aujourd'hui, je pense que cela tombe sous le coup de la loi" en évoquant ce qui semble être de la discrimination. Elle a ajouté: "Si c'est nécessaire, nous clarifierons la loi".
Promouvoir l'intégration des mineurs
Parmi les recommandations de la CNCDH figurent également des mesures telles que la réduction de la vitesse de circulation en zones urbaines et l'amélioration des aires de jeux en collaboration avec les enfants. Ces stratégies visent à transformer les villes en espaces mieux adaptés aux enfants. Pour renforcer la citoyenneté, la CNCDH préconise d'élargir la place des mineurs dans les politiques publiques, notamment en abaissant l'âge du droit de vote pour certaines élections locales et nationales.
Au-delà de ces propositions, la CNCDH note une tendance à l'exclusion sociale des enfants, souvent perçus comme des individus à surveiller ou à contrôler, plutôt que comme des êtres ayant une dignité égale à celle des adultes. Sarah El Haïry souligne qu'une ville "kids-friendly" serait bénéfique pour tous, incluant les personnes âgées ou en situation de handicap. Ces propos et réflexions rappellent l'importance de redonner une place aux enfants dans la société.







