"Pour Lyhanna, on n'oublie pas!": des milliers de manifestants, y compris de nombreuses familles avec enfants, ont envahi les rues de France samedi pour dénoncer les violences sexuelles. Cette mobilisation, orchestrée par des associations féministes et de protection de l'enfance, vise à obtenir une "loi-cadre intégrale".
À Paris, le cortège, parti de la place de la Bastille sous un soleil de plomb, a effectué le trajet vers Nation. Les manifestants entonnaient des slogans percutants tels que "La vérité sort de la bouche des enfants" et "Darmanin, des moyens!", accompagnés de musique d'Angèle et Clara Luciani, créant une ambiance déterminée et solidaire.
Raphaël, un manifestant thessalonicien, a partagé son indignation : "Nous sommes personnellement affectés par les agressions sexuelles sur nos enfants. Les autorités semblent inactives". Les organisateurs estiment le nombre de participants à 100 000 à Paris, soulignant l'importance de cette mobilisation historique.
Eline, une lycéenne de 17 ans, a témoigné de son expérience traumatisante auprès des forces de l'ordre après avoir porté plainte pour viol : "Le policier m'a fait culpabiliser. C'est inacceptable!". Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, a ajouté : "La justice doit évoluer, nous ne pouvons pas rester avec un taux de 94% de classements sans suite pour les plaintes pour viol".
Concernant l'affaire de Lyhanna, une collégienne d'11 ans tragiquement violée et tuée, l'écrivaine Virginie Grimaldi a critiqué la façon dont le gouvernement a minimisé les échecs investigatifs. Les manifestations ont résonné dans 110 villes à travers le pays, de Rennes à Toulouse.
François Rouillard, père et participant, a plaidé pour une meilleure éducation sur le respect et les relations hommes-femmes dans les écoles. Les organisateurs, représentant 180 associations, insistent sur la nécessité d'une loi globale plutôt que des mesures fragmentées. Cette législation devrait aborder tous les aspects des violences, de la prévention à l'accompagnement des victimes les plus vulnérables.
Cette coalition féministe a précédemment proposé un vaste plan de 140 mesures, inspiré des législations espagnoles. La députée socialiste Céline Thiébault-Martinez a déposé une proposition de loi, co-signée par une centaine de parlementaires, tous partis confondus, pour une loi intégrale prévue à l'automne.
Suite à l'affaire Lyhanna, des rassemblements hebdomadaires sont désormais tenus devant les tribunaux et le ministère de la Justice. Une pétition en ligne a recueilli plus de 340 000 signatures en faveur de cette loi. Les ministres, dont Aurore Bergé, promettent d'examiner cette question rapidement."Si le gouvernement souhaite réellement agir, il doit agir rapidement et faire adopter cette loi", a exhorté Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants.







