Quarante ans après une première rupture, un mouvement catholique traditionaliste, la Fraternité Saint-Pie X, s'apprête à ordonner quatre évêques sans l'aval du Vatican. Ce geste pourrait acter une véritable rupture avec Rome, le pape étant l'unique autorité habilitée à nommer des évêques.
En 1988, cette communauté, qui rejette Vatican II et préfère le rite latin, a déjà passé le cap de la désobéissance, entraînant l'excommunication de ses membres par le pape Jean-Paul II. Toutefois, la Fraternité a été réintégrée en 2009 par Benoît XVI, et plusieurs observateurs, dont la Miviludes, veillent sur ses activités, soulignant leur caractère potentiellement sectaire (source : Le Parisien).
Actuellement, deux Français, un Américain et un Suisse, sont pressentis pour ces ordinations. Michel Poinset de Servigny, 42 ans, a grandi dans une famille de sept enfants et occupe le poste de supérieur du district de Benelux. Marc Hannapier, 33 ans, est également issu d'une famille nombreuse et vit aujourd'hui aux États-Unis, où il enseigne dans un séminaire en Virginie.
Une grand-messe en plein air attendue
La cérémonie, prévue en plein air à Ecône, en Suisse, rassemblera environ 15 000 fidèles et sera marquée par des rituels traditionnels en latin, illustrant la ferveur des participants. "Ce n'est pas une rébellion, mais un acte pour l'amour de l'Eglise", affirme l'abbé Michel Rion, professeur de théologie au séminaire d'Ecône.
Cependant, le Vatican ne voit pas cette initiative d'un bon œil, qualifiant cette consécration sans autorisation de "schismatique". Dans une lettre récente, le pape Léon XIV a appelé la Fraternité à abandonner son projet.
Un combat pour la tradition
La Fraternité se défend en arguant qu'elle n'agit pas dans une logique de schisme du fait que les futurs évêques ne seront pas investis d'une juridiction officielle. Ce mouvement clérical, qui prône une interprétation stricte et doctrinale de l'Église, a longtemps été critique de l'ouverture du Vatican envers d'autres confessions, notamment l'Eglise anglicane.
malgré l’influence de la Fraternité dans certains cercles conservateurs, celle-ci reste une minorité au sein de l'Église catholique, qui compte 1,3 milliard de fidèles à l'échelle mondiale.
Une nécessité pour la pérennité
Avec seulement deux évêques actifs, la Fraternité justifie cette nouvelle ordination par un besoin urgent d'élargir son leadership. L'abbé Davide Pagliarani, son actuel supérieur, souligne que la Fraternité n'est pas hostile à l'Église, mais cherche simplement à préserver ses principes fondamentaux.
La situation actuelle, bien que complexe, pourrait redéfinir les relations entre le Vatican et la Fraternité Saint-Pie X pour les années à venir.







