Une solidarité sans précédent se lève contre la crise de la justice en France.
L’Association nationale de la police judiciaire (ANPJ) a officiellement déclaré son soutien aux manifestations organisées par les syndicats de magistrats pour dénoncer le manque de moyens alloués à la justice. Dans un communiqué adressé à M. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, le ton est sévère : "Vous avez perdu la confiance des policiers et maintenant celle des magistrats”.
Depuis sa création en 2023, l’ANPJ, qui représente les enquêteurs spécialisés dans les affaires de grande envergure comme la criminalité organisée, n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la désorganisation des services judiciaires. La réforme de la police judiciaire, sous l’égide de Darmanin, serait en grande partie responsable de cette situation chaotique. Selon le syndicat, il existe un besoin urgent d’établir une direction générale dédiée à la police judiciaire afin de redresser la situation.
Comme l’a rapporté France Info, l’ANPJ souligne les effets néfastes d'un traitement abrupt d’environ 70 000 affaires de violences sexuelles sur mineurs imposé par Darmanin, qui prive les magistrats et enquêteurs de se concentrer sur d’autres dossiers tout aussi importants.
Critique de la gestion ministérielle
Dans un langage percutant, l’ANPJ critique la gestion de la situation par Gérald Darmanin, rappelant que le manque de moyens matériels, humains et budgétaires est bien réel. "Il est accablant de se concentrer uniquement sur des responsabilités individuelles alors que toute la chaîne pénale crie à l’aide", estiment les membres de l’association.
La situation actuelle de la justice est jugée tellement préoccupante qu’il est probable que d’autres tragédies surviennent si aucune mesure significative n’est prise. L’association n’hésite pas à affirmer : "La situation de la justice et de la filière judiciaire est à ce point catastrophique qu’il est probable que d’autres drames se reproduisent." Ils montrent ainsi leur soutien à la grève prévue devant le ministère des Finances, un appel partagé par plusieurs syndicats de police, qui mettent en lumière l’attractivité déclinante de la filière judiciaire.
Il est crucial que le gouvernement prenne en considération ces préoccupations exprimées par les professionnels du secteur judiciaire. Les enjeux sont clairement définis et nécessitent des mesures de remédiation immédiates.







