Le 11 juin, lors d'un conseil de Brest Métropole, le conflit social chez Bibus a été au cœur des débats. Depuis le 7 avril, le réseau de transport subit des perturbations quotidiennes en raison des débrayages de conducteurs, appelés par la CFDT. En réponse à cette situation chaotique, le président Stéphane Roudaut a annoncé le lancement d'une médiation pour tenter de restaurer le dialogue entre toutes les parties.
Au quotidien, les utilisateurs sont confrontés à de nombreuses suppressions de bus et de tramways. Ce mouvement, qui dure maintenant plus de deux mois, voit les conducteurs décider d'une pause de 59 minutes par jour, engendrant frustration et désagrément pour les habitants de Brest. Les discussions entre les représentants du personnel et la direction de RATP Dev révèlent des désaccords profonds sur des enjeux essentiels comme l'emploi, la sous-traitance ou la gestion des congés. C'est pourquoi la CFDT a exprimé la nécessité de s'adresser aux élus à travers une intervention ce vendredi.
Lors de son allocution, Sébastien Pellennec, délégué syndical, a critiqué une direction perçue comme intransigeante : "qui refuse tout compromis et persiste dans une stratégie de pourrissement". Leurs attentes sont claires : un changement de cap dans la gestion du personnel et des conditions de travail.
La métropole suit le dossier de près
Les élus de l'opposition ont affiché leur soutien en faveur d'une résolution rapide du conflit. Isabelle Melscoët, vice-présidente aux mobilités, a rappelé les conséquences d'une mise en œuvre précipitée du nouveau réseau de transports mise en place le 14 février : "C'est la livraison un peu à marche forcée du nouveau réseau qui a entraîné cette situation difficile." Le maire a également pris la parole pour souligner son engagement à suivre ce dossier depuis sa prise de fonction, tout en rappelant ses limites dans le cadre d'un dialogue social complexe. "Mais je ne peux pas présider le CSE de l'entreprise," a-t-il déclaré.
Enfin, le président de Brest Métropole a évoqué des préoccupations financières liées au projet "Mon réseau grandit", dont le coût pourrait dépasser les 225 millions d'euros. Les entreprises concernées réclament en effet une rallonge de 32 millions d'euros cette année, avec une augmentation de 8 % du forfait de charge accordé à RATP Dev, qui s'élève cette année à 61 millions d'euros.
Pour la CFDT, l'enjeu du conflit ne réside pas seulement dans l'argent : "Nous ne demandons pas d'argent, nous demandons que l'humain soit replacé au cœur de l'entreprise," a affirmé Pellennec. Ce dernier a souligné la nécessité de rétablir un climat de travail serein, en pointant du doigt plutôt la métropole et RATP Dev comme responsables de la situation actuelle.







