Ce jeudi, "Une idée pour la France" vous emmène à Nantes (Loire-Atlantique) à la découverte d'un jardinier hors du commun. Ce dernier a décidé de réaménager la cour morne de son immeuble en y intégrant des milliers de plantes, transformant l'espace en une jungle urbaine incontournable.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
"Mon ambition pour la France est de diffuser la beauté partout où cela est possible. C'est ce que j'essaie de réaliser avec ce jardin que j'ai conçu dans notre cour". Pour accéder à son petit coin de paradis, il faut franchir une muraille de pierre et passer par un digicode et deux serrures. Une fois à l'intérieur, c'est une ambiance tropicale qui vous envahit. Au cœur de Nantes, à l’abri entre deux bâtiments, se trouvent 600 mètres carrés de verdure, caractéristiques d’un véritable écosystème, abritant des espèces végétales rares et leurs habitants.
"Des chênes, il existe près de 600 variétés, une partie de celles-ci provient de mes voyages, notamment un séjour à Kyoto où j'ai récolté des graines" explique Evor, l'artiste plasticien et créateur de ce havre de paix. On peut y croiser même un brachychiton, parfois confondu avec un papayer.
Il y a deux décennies, la cour était simplement une zone de béton. C'est l'initiative d'Evor qui a permis cette transformation spectaculaire. "J'ai commencé avec dix pots, puis cela a rapidement pris de l'ampleur : 30, puis 100. Personne ne m'a jamais arrêté, c'est devenue ma passion", se rappelle-t-il, fier de son audace.
Un espace gorgé de nature, commun et convivial
Aujourd'hui, deux décennies plus tard, ce lieu a non seulement embelli le quotidien des habitants, mais il a aussi tissé des liens entre eux. Adèle Tirilly, résidente, témoigne : "C'est ce qui nous a vraiment attiré ici, la tranquillité et l'agrément de la cour, surtout en été". Evor confirme que son jardin a insufflé une nouvelle vie à l'immeuble : "Les gens se croisent, échangent des sourires, et conversent. Cela donne une âme à notre communauté". L'hiver, Evor veille sur ses plantes en les abritant chez lui, les installant également dans les couloirs de l'immeuble pour agrémenter encore plus l'espace.
"Tout espace disponible devient une opportunité d'ajouter de la verdure", plaisante-t-il.
Pour Evor, un lieu qui lui tient à cœur reste le jardin des plantes à Nantes, où il trouve une source d'inspiration. "J'aimerais bien y intégrer une gunnera, ou rhubarbe géante du Chili, dans ma jungle", partage-t-il. Ses visites dans ce jardin l'aident à retrouver son élan créatif et admirer les arbres centenaires.
"Je compte sur le vent et la bienveillance des oiseaux pour semer de nouvelles graines dans mon jardin," dit-il.
La mairie conquise
Le talent et la passion d'Evor ne laissent personne indifférent. La municipalité, impressionnée par sa réalisation, a même construit un belvédère surplombant son jardin. Le directeur des espaces verts de la ville, Romaric Perrocheau, confie : "Il serait dommage que ce coin de sérénité ne soit accessible qu'aux résidents de l'immeuble. Il doit être partagé avec tous les Nantais et les touristes".
Les retours des passants sont également positifs. "C'est un vrai havre de paix, un lieu magique !" observe un visiteur admiratif, tandis qu'une femme note : "C'est réconfortant de rencontrer autant de verdure dans un environnement urbain si bétonné". Pour ceux qui souhaitent suivre son exemple, Evor a un conseil avisé : "Commencez petit, avec quelques pots : une plante grimpante, trois vivaces. Si cela fonctionne, n'hésitez pas à agrandir votre jardin, et surtout, ne vous arrêtez jamais !"







