Accès aux soins : la secrétaire générale des dermatologues alerte sur une crise persistance
Avec une moyenne de 32 jours d'attente pour consulter un dermatologue, la situation s'améliore légèrement, mais la docteure Anne Bellut, secrétaire générale du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV), insiste sur le fait qu'il manque encore de nombreux postes. Dans un entretien accordé à La Dépêche du Midi, elle aborde les défis du secteur.
La docteure Bellut souligne que, malgré une baisse de trois jours des délais d'attente à l'échelle nationale, la situation demeure préoccupante. "Un tel délai représente un vrai frein à l'accès aux soins. Personne n'est satisfait : ni les patients, qui souffrent d'attentes trop longues, ni les dermatologues, qui s'efforcent d'améliorer les choses," déclare-t-elle.
Elle explique que ce sont des facteurs structurels qui expliquent ces délais : "Nous ne sommes pas responsables de la pénurie actuelle, ni des décisions relatives au numerus clausus des étudiants en médecine." La nécessité d'augmenter le nombre de dermatologues est pressante. "Pour répondre aux besoins actuels de la population, il faudrait accueillir 150 nouveaux dermatologues par an, alors qu'il n'y en a eu que 102 cette année," alerte-t-elle, rappelant que cette situation compromet l'avenir de la profession.
La secrétaire générale évoque également les efforts déployés pour faire face à la situation, comme la hiérarchisation des consultations. "En cas d'urgence, comme une suspicion de mélanome, le patient ne doit pas attendre 32 jours," précise-t-elle. Des circuits d'urgence et des protocoles de priorisation des rendez-vous ont été mis en place pour mieux gérer les flux de patients.
Enfin, les dermatologues collaborent étroitement avec les médecins généralistes. "J'ai personnellement formé mes confrères généralistes, qui peuvent désormais prendre en charge certaines dermatoses bénignes," souligne-t-elle. Cependant, des zones comme la Creuse ou la Corrèze, dépourvues de dermatologues, posent un défi supplémentaire.
Les réformes et l'engagement des autorités seront cruciaux pour résoudre la crise du secteur dermatologique. La nécessité d'écouter les préoccupations des médecins et d'agir rapidement n'a jamais été aussi pressante.







