Sur les 3,5 millions de références alimentaires répertoriées par Open Food Facts en 2024, plus de 139 000 contiennent au moins un colorant et plus de 700 000 un conservateur. Les effets de ces substances sur notre santé suscitent de plus en plus d'inquiétude.
Trois nouvelles études de l'Inserm, publiées début mai, révèlent un lien direct entre l'ingestion d'additifs alimentaires chez plus de 100 000 individus et l'émergence de divers problèmes de santé, tels que cancers, diabète et pathologies cardiovasculaires, y compris l'hypertension.
des conséquences graves sur la santé
Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm, explique que les données recueillies montrent que "les colorants alimentaires sont associés à une augmentation de 38 % du risque de diabète de type 2 chez les plus gros consommateurs, par rapport aux moins exposés". En outre, la consommation de colorants se traduit par une élévation de 14 % du risque global de cancer, de 21 % pour le cancer du sein, et de 32 % pour le cancer du sein post-ménopausique.
"Les additifs alimentaires sont des substances ajoutées aux denrées alimentaires pour des raisons variées, notamment la sécurité et l'apparence des produits", rappelle l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
L'étude souligne aussi que les conservateurs, pris ensemble, augmentent le risque d'hypertension de 24 % chez les plus gros consommateurs. Une étude antérieure de l'Inserm avait déjà révélé des associations similaires entre conservateurs, cancer et diabète de type 2.
réévaluation nécessaire des additifs
Face à ces résultats inquiétants, les chercheurs insistent sur l'importance d'une réévaluation par les autorités sanitaires de la sécurité de ces additifs, afin d'intégrer les nouvelles découvertes scientifiques et de mieux protéger la population. Il est recommandé de "limiter l'exposition aux additifs non essentiels et de privilégier des aliments peu ou non transformés".
Le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire indique qu'au sein de l'Union européenne, tout additif alimentaire nécessite une autorisation basée sur une évaluation des risques. À ce jour, environ 320 additifs sont autorisés dans cette région.
L'UFC-Que Choisir a réalisé une évaluation exhaustive des additifs, les classant de 1 à 4 selon leur toxicité potentielle. Il devient donc crucial d'être attentif à ce que nous consommons, au-delà des étiquettes attrayantes.







