La mouche geomyza sème le trouble parmi les agriculteurs des Pays de la Loire et de Bretagne, notamment en Mayenne. Ce mois de juin 2026, treize parlementaires ont adressé une lettre à la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, pour l'informer des ravages causés sur les semis de maïs.
La mouche geomyza : un fléau agricole
Avec une taille d'environ 3 millimètres, la mouche geomyza a déjà causé des dommages considérables, touchant 80% des parcelles dans certaines zones. Comme l’a souligné Benoît Faucon, président de la chambre d'agriculture de la Mayenne : "Environ 80 % des parcelles ont été impactées, avec des pertes variant de 25 à 90 %". Face à cette situation alarmante, de nombreux agriculteurs se voient contraints de ressemer.
Les députés et sénateurs, réunis autour d'initiatives comme celle de Géraldine Bannier, députée du MoDem, rappellent qu'ils reçoivent quotidiennement des sollicitations de la part d'agriculteurs en détresse. "Chacun dans notre circonscription, nous sommes alertés par des agriculteurs au maïs sévèrement affecté", indiquent-ils dans leur correspondance.
Une perte économique significative
Ce problème n'est pas nouveau, et les parlementaires ont fait référence à des situations similaires rencontrées en 2016. Cependant, ils constatent que les pertes actuelles sont sans commune mesure avec celles d'il y a dix ans. "Les dégâts s'étendent de 25% à 100% des jeunes pousses", soulignent-ils. Les coûts supplémentaires liés à la réensemence s'échelonnent entre 150 et 200 euros par hectare, tout en étant confrontés à une explosion des prix des carburants et à des incertitudes concernant la récolte future.
Par ailleurs, ces pertes ne sont pas couvertes par les dispositifs d'assurance récolte ni reconnues dans le cadre des calamités agricoles, renforçant le désarroi des agriculteurs.
Les élus ont donc demandé à la ministre de considérer la possibilité d'un usage temporaire d'insecticides comme le cyantraniliprole. Annie Genevard a évoqué cette option lors d'une séance au Sénat, soulignant que "cette situation singulière est révélatrice des conséquences du réchauffement climatique".
Appel à l'indemnisation
Les parlementaires insistent également sur l’importance de dédommager les agriculteurs touchés. "Pourriez-vous nous indiquer comment l'État envisage de recommander au Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) l'indemnisation des dommages causés par la mouche geomyza ?", interrogent-ils.
À ce jour, aucune réponse n’a été reçue de la ministre de l'Agriculture concernant leurs préoccupations.
Signataires de la lettre
- Géraldine Bannier - Députée de la Mayenne
- Anne-Sophie Patru - Sénatrice d'Ille-et-Vilaine
- Yves Bleunven - Sénateur du Morbihan
- Didier Le Gac - Député du Finistère
- Jean-Michel Brard - Député de Loire-Atlantique
- Yannick Favennec - Député de la Mayenne
- Jean-Luc Bourgeaux - Député d'Ille-et-Vilaine
- Paul Molac - Député du Morbihan
- Michel Canevet - Sénateur du Finistère
- Elisabeth Doineau - Sénatrice de la Mayenne
- Christine Le Nabour - Députée d'Ille-et-Vilaine
- Nicole le Peih - Députée du Morbihan
- Annick Bilion - Sénatrice de la Vendée







