Au XVIIIe siècle, le comte et la comtesse de La Garaye étaient bercés par le luxe, vivant dans un château et entourés de domestiques. Mais un drame personnel va bouleverser leur existence. Aujourd'hui, un dossier de béatification est en cours d'examen au Vatican pour ce couple aux valeurs exemplaires.
Le récit de leur transformation a refait surface dans un grenier, grâce à une lettre de l'évêque de Saint-Malo, écrite un an après le décès du comte. Jean-Marie Gueullette, qui préside la commission historique pour leur béatification et a écrit Pour le bien des pauvres, a exploré de nombreuses archives pour retracer l'étonnant parcours de ce couple de la noblesse bretonne.
À l'époque, leur richesse était considérable. Jean-Marie Gueullette explique : « Une famille noble pouvait être considérée riche dès qu'elle avait trois domestiques, alors qu'ils en avaient dix-huit. » Vivant dans le faste, avec une trentaine de chevaux, ils menaient une existence privilégiée, rythmée par leurs passions pour la chasse et le luxe.
un basculement soudain après une vie de luxe
Tout change lors d'une partie de chasse où Marguerite se blesse gravement, la rendant stérile. Face à cette tragédie, Claude interroge son existence : « Suis-je sur terre pour prendre des cerfs ? »
Décidant de consacrer leur vie aux plus démunis, ils vendent leurs chevaux et partent à Paris en 1714 pour se former en chirurgie et chimie. De retour dans leur château, ils entreprennent une transformation radicale : « Ils transforment leurs écuries en hôpital, et le chenil devient une salle d’opération. »
de l'écurie à l'hôpital : une approche scientifique du soin
Loin des remèdes aléatoires de l'époque, Claude de La Garaye impose une gymnastique sérieuse. Jean-Marie partage : « Il a une approche scientifique, tenant un registre de maladies et de traitements. » De cette manière, les 600 malades soignés dans leur hôpital sont devenus des êtres à part entière, recevant une attention quotidienne.
une vie entière dédiée aux plus démunis
Durant 45 ans, le couple n’a jamais dévié de sa mission, imposant leurs règles même aux puissants. Lors de la visite de princes ou d'évêques, ils n'hésitaient pas à écourter les rencontres, déclarant : « Excusez-nous, mais nous avons la soupe à servir. » Cette interaction personnelle était essentielle pour eux.
Pour Jean-Marie Gueullette, ce couple était animé par une profonde joie : « Ce sont des personnes intelligentes et créatives, qui trouvaient le bonheur dans leur œuvre. » Aujourd'hui, leur histoire inspirante est examinée par le Vatican en vue d'une possible béatification.
Reportage vidéo : Séverine Breton et Guy Sabin / France 3 Bretagne







