La Bretagne fait face à une crise dans le domaine de la cardiologie, avec un nombre de cardiologues largement insuffisant. En moyenne, la France compte huit cardiologues pour 100 000 habitants, alors que la région bretonne n'en dénombre que cinq. Une récente étude menée par Doctolib en collaboration avec la Fondation Jean Jaurès a révélé des délais d'attente préoccupants, qui s'étendent parfois jusqu'à six mois pour obtenir un rendez-vous. Selon Karine Méar, une spécialiste du domaine, ce phénomène résulte d'un déséquilibre entre une démographie médicale vieillissante et un renouvellement des praticiens en baisse : "De nombreux médecins prennent leur retraite, et ils ne sont pas suffisamment remplacés, ce qui nous met dans une situation délicate". Dans des départements comme le Morbihan et le Finistère, l'attente peut atteindre deux mois, et dans certains cas extrêmes, jusqu'à six mois.
Moderniser la pratique pour libérer du temps médical
Pour répondre à la demande croissante, les cardiologues cherchent à réorganiser leur pratique. Ils insèrent des consultations d’urgence entre les rendez-vous afin de ne pas laisser les problèmes de santé se détériorer. Karine Méar préconise une modernisation des cabinets : "Nous devons nous tourner vers des solutions innovantes, comme recruter des assistants médicaux". Ces assistants allègent la charge administrative, permettant ainsi aux médecins de se concentrer sur les diagnostics cruciaux. De plus, les infirmiers en pratique avancée (IPA) jouent un rôle de plus en plus important dans le suivi régulier des patients.
Aller au plus près des zones désertées
Une initiative prometteuse a vu le jour avec des cardiologues qui se mobilisent pour effectuer des consultations dans des zones sous-dotées, comme Pontivy. "Des membres de notre cabinet se relaient chaque semaine pour maintenir des consultations là où il y a un manque de médecins", explique Karine Méar. En parallèle, la prévention est mise en avant comme une priorité essentielle : "Il est crucial d'agir sur des facteurs de risque comme le tabagisme, le diabète et l'obésité", précise-t-elle. La prise en charge préventive pourrait donc réduire considérablement l’impact des maladies cardiovasculaires, qui demeurent la deuxième cause de mortalité en France. Pour l’avenir, il est impératif de réfléchir à des solutions durables.







