Deux hommes et une femme ont été mis en examen après une fusillade tragique faisant deux morts et six blessés à Nice. Cet incident illustre les tensions croissantes liées au narcobanditisme.
Le principal suspect, un homme de 30 ans, est arrivé à Nice sur une trottinette et est soupçonné d'avoir tiré en pleine journée sur une place fréquentée dans le quartier des Moulins, comme l'a expliqué le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, lors d'une conférence de presse.
Cet individu avait rejoint Marseille quelques jours avant la fusillade pour y prendre part à des activités criminelles, le téléphone de l'homme ayant été géolocalisé sur plusieurs lieux liés au crime.
Les investigations révèlent une escalade inquiétante entre deux équipes de narcotrafiquants, originaires respectivement de l'ouest et de l'est de Nice, confirmant des propos du commissaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire. « Nous faisons face à des actes de narchomicides » expliquait-il.
Outre le tireur présumé, un homme de 19 ans, suspecté d'avoir convoyé des véhicules pour ces opérations, et une femme de 26 ans décrite comme « logisticienne » ont également été arrêtés. Tous trois contestent partiellement les accusations portées contre eux, avec une enquête menée par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille.
L'arrestation rapide des suspects a permis d'éviter un autre drame, une nouvelle opération criminelle étant déjà en préparation, selon M. Bessone.
Le tireur a ouvert le feu sur la place des Amaryllis, tuant deux pères de famille, Ahmed (57 ans) et Adilson (39 ans), qui n'étaient pas impliqués dans le trafic de stupéfiants. Les six personnes blessées, âgées de 23 à 52 ans, ont pour la plupart récupéré, sauf l'une qui pourrait garder des séquelles graves aux jambes.
Les violences liées au narcotrafic se sont intensifiées dans le quartier des Moulins, comptant déjà onze victimes collatérales en moins de deux ans. L'attaque du 11 mai aurait pour origine des violences précédentes, incluant des tirs et explosions sur des commerces de la région.
La présence croissante de mineurs dans le narcotrafic préoccupe les autorités. Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a signalé une hausse de 300% entre 2020 et 2024 de l'implication des jeunes dans ce milieu, malgré les efforts pour endiguer la violence.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé son engagement à lutter contre le narcotrafic, en réaction à cette série inquiétante de fusillades, notamment un incident récent à Nantes visant un adolescent de 15 ans.







