Près de 750 incidents ont été enregistrés en seulement trois mois dans le collège de la Binquenais à Rennes. Ce chiffre alarmant a suscité de vives inquiétudes parmi les enseignants et les parents d'élèves, qui s’inquiètent de l’ambiance toujours plus tendue au sein de l’établissement. Lundi soir, environ cinquante personnes, dont des enseignants et des parents, se sont réunies devant le collège, témoignant d'une mobilisation inédite face à une situation jugée critique.
Céline, mère d'un élève de troisième, partage son inquiétude : « Mon fils rapporte de plus en plus de bagarres et de tensions dans les couloirs. Avec le nombre croissant d'élèves, cela devient insoutenable. » En effet, en mars, un élève s'est présenté armé d'un couteau, menaçant de tuer des professeurs. Bien qu'il ait été maîtrisé par les policiers, cet incident a marqué un tournant dans la dynamique de l’établissement, comme l’évoque Erwan, un enseignant : « C'était un élément déclencheur. »
Le collège, classé en Réseau d’Éducation Prioritaire (REP), bénéficie d'un bon taux d’encadrement avec des classes de moins de 25 élèves. Cependant, le vrai problème semble résider ailleurs, spécifiquement dans les couloirs où les altercations sont fréquentes. Un enseignant anonyme déclare : « On se sent impuissants face à ce sentiment d’impunité qui règne parmi les élèves. »
Des enseignants sous pression
La santé des enseignants est également un sujet préoccupant. Erwan évoque une augmentation des arrêts maladie parmi ses collègues, une première pour un cadre habituellement stable et convivial. « Avant, nous avions une dynamique de groupe forte, mais la situation actuelle crée de l'anxiété. Les élèves souffrent de l'absentéisme des enseignants, souligne un parent d'élève. Ces derniers se plaignent d’un désordre croissant, rendant les cours presque impossibles à dispenser. »
Le nombre d'élèves, un défi grandissant
La situation a empiré depuis la rentrée de septembre, alors que le nombre d'élèves a grimpé de 30 % en quinze ans, atteignant 650 élèves. Thomas, un assistant d’éducation, partage son analyse : « Sans des mesures adéquates, nous n’allons pas réussir à gérer la situation. » Les enseignants réclament une réduction du nombre d’élèves par classe, l'ajout d'un second CPE et plus de surveillants pour encadrer les élèves.
Bien que le rectorat ait entamé un dialogue avec les enseignants, les moyens attribués semblent insuffisants, avec seulement un demi-poste de CPE accordé. Un enseignant, sous couvert d’anonymat, regrette cette situation : « Nous préférons agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Nous ne voulons pas qu’un drame se produise. » Les préoccupations des enseignants et des parents montrent l'urgence d'une intervention concertée pour garantir un environnement propice au bien-être des élèves.
* Les prénoms des personnes interrogées ont été modifiés par souci de confidentialité.







