Soupçonnant une erreur médicale, une jeune Bretonne a déposé plainte contre le CHU de Rennes après avoir découvert une aiguille de 5 cm laissée dans son dos pendant près d'un an.
Margaux, 24 ans, avait consulté son médecin en décembre 2025 après des douleurs persistantes au dos. À sa grande surprise, son médecin lui a révélé qu'une aiguille se trouvait dans son dos. "L'angoisse s'est dissipée lorsque j'ai compris que mes douleurs avaient une explication", a-t-elle confié au journal Ouest-France.
Tout a commencé le 8 février 2025. Alors qu'elle était enceinte de trois mois, Margaux a été transférée aux urgences du CHU de Rennes après avoir éprouvé des maux de tête sévères et des douleurs au cou. Les médecins, suspectant une hypertension intracrânienne, ont décidé de procéder à une ponction lombaire. Malheureusement, cette procédure, menée par un interne non accompagné, est devenue un calvaire. "Il a essayé six fois de réaliser la ponction. Après deux heures de souffrances, j'ai entendu l'interne dire qu'il devait changer d'aiguille", se souvient Margaux, qui a ressenti une douleur intense durant cette intervention.
Deux jours après, une seconde ponction a été réalisée sans incident, mais Margaux a commencé à développer une boule rouge dans le dos. Les médecins ont minimisé le problème en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un hématome, laissant Margaux dans la tourmente. "Je souffrais à tel point que même porter un pantalon me semblait insupportable", raconte-t-elle. Après avoir donné naissance à sa fille, ses douleurs se sont intensifiées, allant jusqu'à lui provoquer des décharges électriques dans les jambes.
Une plainte déposée contre le CHU de Rennes
Ce n'est qu'en décembre 2025, après plusieurs mois de souffrance, qu'une intervention chirurgicale a permis de retirer l'aiguille, retrouvée au niveau de la troisième vertèbre. Depuis, Margaux a bénéficié d'une interruption totale de travail de 300 jours pour se remettre.
Soupçonnant que cette aiguille était celle utilisée lors de la première ponction, elle a décidé de porter plainte contre le CHU de Rennes le 10 décembre 2025. Le parquet de Rennes a ouvert une enquête préliminaire pour blessures involontaires, engendrant des questions sur la gestion des soins dans l'établissement. "J'ai consulté plusieurs fois le CHU durant ma grossesse pour d'autres raisons. Pourquoi personne n'a mentionné cette aiguille à l'époque ? J'ai l'impression que les médecins ne m'ont pas crue", déplore-t-elle, tandis que des experts appellent à une meilleure transparence dans les soins hospitaliers, comme l'explique un rapport de la Cour des comptes.







