Le 7 avril 2026, le préfet du Finistère a signé un arrêté autorisant la destruction d'espèces protégées pour la construction du nouveau stade de football de Brest, Arkéa Park. Ce nouvel arrêté remplace un précédent, attaqué en justice et suspendu en octobre 2025 par le tribunal administratif, selon France Bleu.
Le premier arrêté, signé le 25 juin 2025, avait échoué à prouver que le projet constituait un intérêt public majeur, critère indispensable pour obtenir une dérogation aux interdictions liées aux espèces protégées. Face à cette situation, le préfet a choisi d'émettre un nouvel arrêté, évitant ainsi le risque d'annulation qui aurait pu paralyser le projet.
L'argumentaire a été musclé
Ce nouvel arrêté, de 33 pages, propose un argumentaire enrichi, comparé aux 10 pages de la version précédente. Les autorités se fondent sur quatre thèmes : la sécurité publique, l'impact économique et social, la structuration urbaine de la métropole, ainsi que l'inclusion et la santé. Ces arguments visent à soutenir la pertinence de construire le stade sur le site du Froutven, où 45 espèces protégées ont été identifiées, y compris des oiseaux, mammifères, reptiles et amphibiens. Des mesures de compensation, telles que la création d'habitats pour la faune et l'aménagement de plus d'un kilomètre de haies, figurent également dans l'arrêté, ainsi qu'un suivi environnemental sur 30 ans, rapportent les experts.
Les travaux toujours suspendus
Bien que le nouvel arrêté puisse théoriquement relancer les travaux, ceux-ci ne reprendront pas immédiatement. La préfecture a sollicité le tribunal administratif pour qu'il prononce un non-lieu à statuer sur l'ancien arrêté, désormais caduc, espérant obtenir un jugement sur le fond avant de potentiels recours. Un collaborateur du dossier souligne que cela pourrait faire économiser 12 à 18 mois.
De nouveaux recours à prévoir
Les associations environnementales, cependant, dénoncent ce nouvel arrêté, le qualifiant de manœuvre. Pascal Le Roux, représentant local du GNSA, affirme : "C'est un peu facile; quelque part, on ne respecte pas la justice si on n'attend pas le jugement sur le fond." Selon lui, la lutte continuera : "On va continuer à se battre, on ne va pas se laisser faire." Les associations ont jusqu'au 7 juin pour contester cette dérogation auprès du tribunal administratif.







