C'est un cri unanime. Les avocats du Barreau de Caen se sont mobilisés ce mercredi sur les marches de la Cour d'Appel, manifestant leur opposition à la réforme de la justice criminelle proposée par Gérald Darmanin, le Garde des Sceaux. Près de cent robes noires ont affiché leur rejet du texte qui sera examiné au Sénat les 13 et 14 avril prochains. Dans une interview accordée à la radio ICI Normandie, le bâtonnier Nicolas Toucas a annoncé une assemblée générale prévue ce vendredi 10 avril 2026.
Il met en lumière l'embolie de la chaîne pénale, reconnaissant une véritable saturation qui entrave l'instruction et allonge les délais d'audiencement. Cependant, Toucas est clair quant aux intentions derrière cette réforme : bien qu'il comprenne le besoin d'accélérer le processus judiciaire, il s'oppose à la méthode envisagée. "Il nous faut des solutions durables", déclare-t-il. La réforme actuelle, axée sur une gestion de flux, ne répond pas véritablement aux enjeux soulevés.
Le cœur du débat réside dans l'une des principales dispositions du projet de loi, qui étend le principe du plaider-coupable aux crimes, permettant ainsi à un accusé de négocier sa peine avec le parquet. Cette approche soulève des craintes chez les avocats. "C'est difficilement acceptable d'accepter une réduction de peine sur des crimes graves avec des délais de réflexion trop courts," affirme le bâtonnier. "Dans un État démocratique, il est impératif de respecter les droits des victimes tout autant que ceux de l'accusé."
La mobilisation des avocats ne se limite pas à Caen. À l'échelle nationale, une grande manifestation est prévue le lundi 13 avril devant le Sénat, marquant le début des débats parlementaires sur cette réforme controversée. Leur message est clair : la place du procès est fondamentale et ne doit pas être trahie par des mesures législatives hâtives.







