« Ibuka », ce qui signifie « souviens-toi » en kinyarwanda, résonne encore plus intensément en ce jour. Le 7 avril 1994, le début de l'horreur a été lancé par l'État rwandais, entraînant la mort de plus d'un million de Tutsis en moins de cent jours. Désormais, cette date est gravée dans le calendrier des commémorations officielles du génocide.
Adélaïde Mukantabana, survivante et présidente de l'association Cauri, témoigne : « J'avais 32 ans en 1994 et je vis avec cette mémoire depuis trois décennies ». Cette année, au milieu des dignitaires, elle a partagé son expérience, renforçant l'importance du souvenir collectif.
La cérémonie, longtemps discrète, a trouvé sa place dans ce nouveau lieu de mémoire, inauguré le 5 février puis enrichi d'une plaque et d'un arbre commémoratif. Ce projet est le fruit de l'engagement des associations et de la volonté des élus, comme l’a souligné Céline Papin, présente lors de l'événement.
Nathalie Bois-Huyghe, adjointe à la culture, a affirmé que la Ville se tenait à l'écoute des associations : « Bordeaux n’oubliera pas. Nous souhaitons instaurer une continuité qui s'oppose à l'effacement ». Ce soir-là, les discours résonnaient avec solennité, appelant à l'hommage, à la justice et à la lutte contre le négationnisme.
Rappel des responsabilités
Les intervenants ont évoqué le devoir d’inventaire concernant la responsabilité historique de la France dans le génocide, une réalité établie par des historiens et reconnue officiellement depuis 2021. Dominique Delpuech, conseiller diplomatique du préfet, a souligné : « Nous avons entrepris un travail difficile mais nécessaire pour faire face à notre passé ».
Ce jour demeure un moment de deuil : « Nous portons vos absences dans nos corps cailloux », a déclaré Beata Umubyeyi Mairesse, également rescapée. La cérémonie s’est conclue par la lecture d’un poème et un chant faisant écho à la perte d’« innocents fauchés à la machette », un ultime hommage à ceux qui ont perdu la vie dans cette tragédie.







