Ils étaient les derniers Français retenus en Iran : Cécile Kohler et Jacques Paris sont enfin libres. Après cinq mois d'assignation à résidence à l'ambassade de France à Téhéran, leur retour en France est prévu pour mercredi. En transit à Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, leur arrivée a été confirmée par l'entourage du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
D'un geste de soulagement, le président français Emmanuel Macron a déclaré : "Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres et en chemin pour retrouver leur pays. C'est une nouvelle réjouissante pour leurs familles et leurs proches." Il a aussi exprimé sa gratitude envers les autorités omanaises pour leur rôle dans cette médiation, facilitant leur libération.
La fille de Jacques Paris, Anne-Laure, a partagé son émotion à l'AFP : "Nous sommes très émus. Nous attendons leur retour pour les serrer dans nos bras." Selon les informations du ministère des Affaires étrangères, ils ont quitté Téhéran sous un convoi diplomatique, escortés par l'ambassadeur français en Iran.
Arrêtés le 7 mai 2022 à la fin d'un voyage touristique, Kohler, professeure de lettres de 41 ans, et Paris, enseignant retraité de 72 ans, avaient été condamnés, à l'issue d'un procès controversé, respectivement à 20 et 17 ans de prison pour des accusations d'espionnage. La France avait dénoncé ces accusations comme manifestement arbitraires et les conditions de détention jugées inhumaines.
Dans ce contexte délicat, la guerre éclatée en Iran a compliqué davantage les négociations. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que la situation actuelle a joué un rôle dans la décision iranienne de relâcher les deux Français, tout en précisant que des discussions avaient lieu en parallèle concernant d'autres ressortissants.
Le cas de Mahdieh Esfandiari, citoyenne iranienne, a également été évoqué. Assise sous assignation à résidence en France pour des accusations de terrorisme, son retour en Iran pourrait être intervenu dans les discussions liées à la libération de Kohler et Paris, bien que la France ait formellement démenti l’existence d'un accord à cet égard.
Thierry Moser, avocat et membre du comité de soutien des ex-déténus, a déclaré être "fou de joie" suite à l'annonce de leur libération. Cette libération a été accueillie par une onde de soutien au sein du paysage politique français, illustrant une réaction unanime en faveur de la diplomatie et de l'unité nationale. "La France a montré un visage d'unité, de mobilisation pour obtenir cette libération", a déclaré la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, suite à une salve d'applaudissements des députés.
Cette situation souligne une diabolique réalité : l'Iran a intensifié les arrestations de ressortissants occidentaux, souvent en utilisant ces individus comme outils de négociation dans un jeu géopolitique complexe.







