Pour la première fois, 21.000 français célébreront leur baptême au cours de ce week-end pascal, créant ainsi un record qui témoigne d'une tendance croissante : en dix ans, le nombre d'adultes et d'adolescents souhaitant se faire baptiser a triplé. À Saint-Nazaire, nous rencontrons Simon, 29 ans, qui s'apprête à franchir ce cap.
Dans les jardins derrière l'église Notre Dame d'Espérance, Simon partage son impatience à rejoindre « la famille chrétienne ». Ouvrier aux Chantiers de l'Atlantique, il déclare : "J'ai hâte", tout en montrant les tatouages symboliques qu'il arbore, témoignant de sa foi. "Je suis fier d'être chrétien et pratiquant, et je souhaite à tout le monde de trouver la paix comme moi", ajoute-t-il.
Ce phénomène s'illustre également à l'échelle nationale, avec une hausse des baptêmes de 8% chez les adolescents et de 28% pour les adultes, selon des chiffres du diocèse. En Loire-Atlantique, 190 jeunes et 223 adultes seront baptisés. "Des accidents de vie, des révélations, mais aussi ce besoin d'amour dans un monde angoissant. Plus notre société est mal en point, plus on se tourne vers Dieu", explique le père Philippe Girard.
Un parcours personnel de résilience
Simon, qui a vécu une enfance difficile marquée par l'abandon de son père, confie avoir grandi avec des sentiments de rancœur. "Mon père nous a abandonné quand j'avais quatre ans", raconte-t-il, ajoutant qu'il a longtemps lutté contre la dépression. "Au pire moment, j'ai reçu comme un signe", se remémore-t-il. Son parcours a pris un tournant décisif ces deux dernières années, lorsqu'il a commencé à se préparer pour son baptême, en vue de son mariage. "Au début, j'y allais avec plein d'a priori. Je suis maintenant entouré d'amour et de bonté", se réjouit-il. Sa fiancée ajoute : "Heureusement, car sinon, on ne serait plus ensemble !"
Cette recrudescence des croyants est particulièrement frappante dans le contexte actuel, alors que l'Église fait face à des révélations sur des abus. Le père Girard souligne : "Pour les catéchumènes, cela rassure d’avoir une institution qui assume ses erreurs". Ce soir, l'église du quartier du Pertuischaud fera le plein, avec 900 fidèles attendus. "C'est presque le nombre de personnes qui viennent à la messe chaque week-end", indique-t-il, en ajoutant que la communauté est jeune et dynamique.
Malgré un paradoxe qui voit l'Église catholique se dépeupler, avec moins de 12% de pratiquants réguliers en France, cet engouement pour le baptême de Pâques est un signal fort d'une recherche de spiritualité. Simon et de nombreux autres montrent que la foi peut être une source de renouveau dans un monde troublé.







