Au cœur des Pyrénées, le village d'Azereix s'apprête à vivre une élection municipale exceptionnelle. Alors que la majorité des candidatures à travers la France sont dominées par des hommes, ce petit village marquera un tournant avec la confrontation de deux femmes, Marie-Laure Pargala et Nadine Quessette, comme têtes de liste.
À quelques kilomètres de Tarbes, Marie-Laure Pargala, ancienne élue à Lourdes et porteuse de la liste "Azereix au cœur", et Nadine Quessette, déjà conseillère municipale et candidate de la liste "Azereix, tous unis", s'affrontent pour succéder au maire en place. Une première ! Selon une étude récente, seulement 20,3 % des maires en Occitanie sont des femmes, ce qui rend cette compétition encore plus significative.
"Il était temps de briser ce plafond de verre," confie Marie-Laure Pargala. "Les femmes ont souvent été invisibilisées dans l’espace public. À Azereix, aucune rue ne porte le nom d’une femme", ajoute-t-elle, soulignant la nécessité d'une représentation féminine dans la gouvernance locale.
De son côté, Nadine Quessette, qui s'est fait un nom dans un univers traditionnellement masculin, exprime son engagement : "J'ai découvert un monde d'hommes, mais la curiosité et la volonté d'apprendre sont essentielles. La compétence n'a pas de sexe." Un sentiment partagé par Marie-Laure Pargala, qui affirme que "la féminité n’équivaut pas à la faiblesse. Nous pouvons combiner fermeté et empathie dans nos décisions".
La parité sur les listes, une évidence
Le cadre légal impose désormais la parité sur les listes électorales dans les communes de moins de 1 000 habitants. Cela a permis à Azereix de largement améliorer la représentation féminine : cinq femmes sur dix hommes siégeaient auparavant au conseil municipal. "Cette fois-ci, la recherche de candidates n'a pas posé de problème, au contraire, il a été plus difficile de trouver des hommes", partage Nadine Quessette.
Marie-Laure Pargala va même jusqu'à questionner l'obligation légale : "Il est regrettable que des lois aient été nécessaires pour encourager les femmes à s'engager en politique. La parité devrait être une évidence, pas une contrainte."
Avec un soutien mutuel, les deux candidates s'accordent sur la nécessité d'adapter le fonctionnement des réunions pour favoriser les élu(e)s, en tenant compte des charges familiales. "Nous devons travailler différemment : avancer les horaires des réunions ou les rendre plus courtes peut vraiment aider la participation des femmes", conclut Nadine Quessette.
À Azereix, l’avenir s’écrit donc au féminin, et les élections municipales de mars promettent de faire date dans l'histoire locale.







