Le conflit entre les clans Marcos et Duterte s'intensifie aux Philippines. Le 11 mai, la Chambre des représentants a voté en faveur de la destitution de la vice-présidente Sara Duterte, accusée d'avoir conspiré pour assassiner Ferdinand Marcos Jr., un ancien allié devenu président. Ce vote intervient alors que les récents débats sur la politique nationale s'animent à l'approche de l'élection présidentielle de 2028.
La résolution a été adoptée avec 257 voix pour, 25 contre et 9 abstentions, rapportent nos confrères du The Philippine Star. La vice-présidente, fille de l'ancien président Rodrigo Duterte, est impliquée dans un climat politique tendu, marqué par l'incarcération de son père aux Pays-Bas pour des accusations de crimes contre l'humanité, dues à sa campagne anti-drogue.
Course à la présidentielle
Si la procédure de destitution se poursuit, elle sera soumise au Sénat, qui devra se constituer en tribunal. Un vote à la majorité des deux tiers, soit 16 sénateurs sur 24, pourrait entraîner sa destitution et l'empêcherait de se présenter aux élections présidentielles de 2028, comme l'indique Philippine Star. Lors d'une conférence de presse tenue à Manille en février, Duterte avait déjà annoncé son intention de participer à ce scrutin crucial.
Ce que l'on observe ici, c'est la première fois dans l'histoire des Philippines qu'une personnalité politique subit deux procédures de destitution. En effet, la vice-présidente avait déjà été mise en accusation en février 2025, mais la Cour suprême avait suspendu la procédure. Selon des analyses politiques, cette situation révèle l'instabilité au sein des plus hautes sphères du pouvoir.
Élue aux côtés de Ferdinand Marcos Jr. en 2022, Sara Duterte n'a pas tardé à critiquer son ancien allié, parlant de son "incompétence" et cherchant à obtenir des portefeuilles ministériels qu'elle avait souhaités. La bataille entre ces deux clans majeurs du pays illustre bien la rivalité croissante qui pourrait lourdement influencer le paysage politique des prochaines années.







