Après avoir échappé à l'invasion russe et trouvé refuge aux États-Unis, Karina Krainova a été contrainte de retourner en Ukraine, craignant la détention par l'ICE.
Alors que les alertes aux missiles étaient moins prenantes que l'angoisse liée à l'immigration, Karina, âgée de 39 ans, a décidé de revenir à Odessa après avoir fui la guerre en 2024 pour s'installer en Amérique. En 2026, elle a fait le chemin inverse, incapable d'ignorer les risques engendrés par un durcissement des lois d'immigration, notamment concernant les permis de conduire pour les immigrants.
« Être traitée comme les autres immigrants »
Karina, qui avait rejoint légalement les États-Unis grâce à un programme de l'administration Biden, a rapidement découvert que l'absence de résidence permanente la mettait en danger. La politique d'immigration restrictive de l'administration Trump a aggravé sa situation. Son permis de conduire, obtenu en janvier 2025, a été annulé dix mois plus tard, attestant des discriminations auxquelles elle faisait face en tant qu'immigrante.
Pour éviter les douloureux mois d'internement dans un centre d'ICE, elle a pris la décision de regagner son pays natal. « Je préférais revenir chez moi et retrouver mon mari au lieu de vivre dans une détention », a-t-elle confié au Guardian.
Retourner en Ukraine signifie affronter de nouveau le quotidien des conflits : « Les transports en commun sont encore inutilisables et les frappes sur des immeubles résidentiels perdurent », décrit-elle. Malgré tout, pour Karina, cette réalité reste plus confortable qu'une vie de détention.
« Je suis ici, mais je sens que tout peut basculer à tout moment », conclut Karina, dépeignant la tension entre sa vie en guerre et le désir d'échapper à un système hostile.







