Le mardi 10 mars 2026, l'émission politique "L’Événement" a proposé une édition spéciale axée sur le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences globales. Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a été l'invité de Caroline Roux.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Caroline Roux : Pour débuter, Monsieur le ministre, le président a déclaré : "La France ne pleure pas la chute d'un bourreau" suite à l'élimination de Khamenei. Cela signifie-t-il que nous soutenons Israël et les États-Unis dans leur démarche ? Quelles sont nos positions concernant cette guerre ?
Jean-Noël Barrot : En réalité, il est crucial de considérer l'intégralité de cette phrase. Elle débute en rappelant que les hostilités ont été enclenchées par des frappes israéliennes et américaines que nous ne pouvons approuver, car elles manquent de but défini et sont réalisées en dehors du respect du droit international. Nous condamnons donc cette guerre.
Ainsi, nous n'avons pas soutenu cette guerre, ni participé à son élan. Nous ne l'approuvons pas et nous n'y participons pas.
Donald Trump a récemment déclaré que cette guerre était presque terminée. Attendez-vous un désengagement rapide des États-Unis, ou le redoutez-vous ?
Jean-Noël Barrot : Mon souhait est d'atteindre rapidement une désescalade, car l'intensification militaire dans la région comporte des risques majeurs pour nos intérêts, la sécurité de nos ressortissants, ainsi que pour l'économie mondiale, notamment à travers la montée des prix du carburant. Pour cela, il est indispensable que la République islamique d'Iran adopte une posture radicalement différente et fasse des concessions significatives, permettant ainsi une coexistence pacifique avec ses voisins. Cela donnerait à la population iranienne la capacité de façonner son avenir librement.
Donc, vous ne préconisez pas l'arrêt d'une guerre que vous n'approuvez pas ?
Nous appelons à une désescalade rapide et à cesser les hostilités. Cela requiert un changement de position radical de la part de la République islamique d'Iran.
Votre message aux États-Unis serait donc : "Poursuivez tant que les Iraniens ne changent pas d'attitude ?"
Non, nous affirmons que cette escalation militaire doit véritablement s'interrompre. Il est important de rappeler que nous n'avons pas approuvé cette guerre, ni participé à son commencement, et que c'est aux belligérants de déterminer la fin de ce conflit. Cependant, il est essentiel que la République islamique d'Iran procède aux concessions nécessaires pour qu'une désescalade puisse se concrétiser, tant pour le bénéfice de la région que pour le nôtre.
Lorsque le président Emmanuel Macron converse avec Donald Trump, il appelle clairement à la désescalade. Peut-on conclure que la France est parfaitement alignée sur cette position ?
Tout à fait. C'est un message clair que nous transmettons à toutes les parties concernées : il est impératif de mettre fin aux hostilités au plus vite. Les conséquences des conflits sont visibles — que ce soit ches les citoyens français cherchant à rentrer chez eux, la hausse du coût de l'essence, ou encore l’instabilité qui pèse sur le Liban, au bord du gouffre. Pour que ces crises cessent et ne se reproduisent pas, l'Iran doit être prêt à faire des concessions radicales.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.







