Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Caroline Roux : Bonsoir Christine Lagarde, merci d'être avec nous. Cette émission analysant la guerre en Iran et ses répercussions économiques suscite des interrogations. Après la guerre en Ukraine, les Français ont immédiatement ressenti l'influence inflationniste, tant à la pompe que dans les supermarchés. Peut-on craindre en Europe un retour à l'inflation à cause de la montée des prix du pétrole ?
Christine Lagarde : Bonsoir Caroline, je vous remercie. En effet, la situation aujourd'hui diffère considérablement de celle de 2022 dans trois aspects majeurs. Permettez-moi de vous donner quelques chiffres.
En 2022, les prix de l'énergie avaient atteint des sommets record, avec le baril de Brent approchant les 130 dollars. Actuellement, celui-ci est tombé à environ 49 dollars, tandis que le prix du gaz, passé de 340 euros par MWh à environ 39 euros, témoigne également d’une chute significative. Ce tableau ne ressemble en rien à celui des augmentations de prix que nous avions alors.
Deuxième point, en 2022, lorsque le conflit en Ukraine a éclaté, l'inflation était proche de 6 %. Aujourd'hui, elle est maîtrisée, avec 1,7 % dans la zone euro et environ 1,3 % en France, illustrant ainsi une situation économique bien plus stabilisée. Notre croissance reste robuste à 1,4 %, et le marché de l'emploi ne présente pas de grandes variations comparées à 2022.
Enfin, alors qu'en 2022 nous avons perdu définitivement l'approvisionnement gazier russe, cette fois-ci, il y a une possibilité de désescalade diplomatique. Comme l'a mentionné Jean-Noël Barrot dans votre émission, des efforts conjoints pourraient permettre de rétablir la fluidité dans le détroit d'Ormuz. Ainsi, bien que le retour complet à une situation antérieure aux hostilités ne soit pas immédiat, nous pourrions envisager un rétablissement rapide.
Est-ce à dire que tout va bien ?
Non, je ne dis pas que tout est parfait, mais nous sommes dans une position vraiment différente. Notre capacité d'absorption des chocs économiques est renforcée. Cela dit, la volatilité actuelle est surprenante et rend la gestion de la situation complexe. Les fluctuations des prix, dont certaines augmentations de 30 % en une journée, montrent une volatilité troublante.
La situation est-elle remplie d'incertitudes ?
Effectivement, c'est sans précédent. Des variations de prix influencées par des éléments aussi imprévisibles que des déclarations publiques rendent le climat économique tendu.
La Commission européenne évoque-t-elle la stagflation ?
Je ne pense pas que nous soyons face à une stagflation. Celle-ci, caractéristique des années 70, résulte d'une inflation galopante due à des anticipations inflationnistes mal gérées. Les banques centrales d’aujourd’hui ont compris l’importance de maîtriser les anticipations inflationnistes, et nous prendrons les décisions nécessaires pour maintenir l'inflation sous contrôle.
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