Le 13h découverte vous invite à un voyage culinaire aux quatre coins du globe grâce à un repas simple mais incontournable : le sandwich. Ce mardi 10 mars, direction Venise pour savourer le fameux tramezzino.
Ce texte est extrait d'un reportage dont la vidéo complète est disponible ci-dessus.
Dans la ville romantique de Venise, pour combler les âmes et les estomacs, rien de tel qu'un encas aussi doux que copieux. Le tramezzino est le sandwich prisé par les Vénitiens, et son succès repose sur des ingrédients simples mais généreusement garnis. Entre deux tranches de pain de mie moelleux, une farce riche et savoureuse. Comme l'explique le chef Enrico Padoan : "Cela peut paraître simple, mais il faut une certaine maîtrise. La composition doit être harmonieuse, il ne faut pas appuyer trop fort lors de la fermeture. C'est un jeu, un vrai art qu'est le tramezzino".
Les origines du tramezzino
Un véritable défi. Enrico Padoan confectionne près de 400 tramezzini chaque jour tout en prêtant attention aux détails qui séduisent même le ciel capricieux de Venise. "Pour bien réaliser un tramezzino, il faut que l'œuf ressemble à deux yeux qui nous regardent", précise-t-il.
Difficile de déterminer la véritable origine du tramezzino, car plusieurs villes italiennes revendiquent sa paternité. Cependant, l'historien Alessandro Marzo Magno affirme : "Il est d'origine anglaise, appelé 'sandwich'. Sous le régime fasciste, il a fallu trouver un nom italien. Finalement, 'tramezzino' a été choisi, un nom bien plus approprié". Tout comme son ancêtre britannique, le tramezzino a su s'adapter à l'humidité vénitienne, raison pour laquelle son pain de mie est d'une douceur incomparable. "Plus le pain est humidifié, meilleur il est. Souvent, dans les établissements, on le garde sous un torchon humide, ou certains cuisiniers l'humidifient avec un vaporisateur, presque comme pour repasser les vêtements", explique Marzo Magno.
Dans son café, Michele Novello assure qu'il n'emploie aucune astuce pour garantir des tramezzini tendres. "Lors du Carnaval de 1996, on ne fermait pas avant 3-4 heures du matin. C'était fou, une foule immense, et toujours des tramezzini à servir", se remémore le propriétaire du bar Motondoso.
Un phénomène de mode
Trente ans plus tard, le comptoir est toujours envahi de tramezzini, mais pas seulement ceux au thon et à l'œuf. "On peut trouver des garnitures telles que des courgettes, des macédoines, des tomates. Pour les végétariens, il y a aussi ceux aux oignons et au thon", raconte une cliente.
Ce casse-croûte traditionnel s'est mué en un phénomène de mode grâce aux réseaux sociaux. Pour se distinguer, Francesco Novello, le fils de Michele, explore sans cesse de nouvelles recettes, rendant le choix de plus en plus difficile. "Nous avons beaucoup de variétés. Il existe du pain au curcuma, aux graines de lin et du pain complet pour diversifier les plaisirs", décrit-il. Voilà une pause gourmande à savourer entre deux balades au cœur des canaux vénitiens, toujours le temps de déguster un tramezzino.







