Plus de 70 scientifiques, représentant 17 nations, ont publié une étude de référence qui met en lumière l'accélération du réchauffement planétaire et la montée des eaux. Cette quatrième édition, publiée le 11 juin, révèle que notre planète est en crise, avec un réchauffement déjà constaté par rapport à l'ère préindustrielle.
Selon ces experts, la timeline pour rester sous le seuil de +1,5°C fixé par l'accord de Paris se réduit comme peau de chagrin. D'ici quatre ans, si les émissions de CO2 ne baissent pas, ce seuil pourrait être dépassé.
"Ces rapports suivent les signes vitaux d'un patient qui va de mal en pis," explique Peter Thorne, professeur de géographie physique à l'Université de Maynooth en Irlande, impliqué dans la recherche climatologique. Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et ancienne coprésidente du Giec, souligne quant à elle que ces indicateurs sont souvent, "fragilisés par des choix géopolitiques et des coupes budgétaires".
des perspectives sombres pour le climat
Les scientifiques estiment qu'en 2025, la température de la Terre pourrait avoir augmenté de 1,39 °C par rapport à 1850-1900, dont 1,37 °C attribué directement aux activités humaines. L'étude note une vitesse d'augmentation des températures de 0,27 °C par décennie, un record alarmant.
Le climatologue Aurélien Ribes de Météo-France est formel : "Étant donné que les émissions de gaz à effet de serre sont toujours en hausse, maintenir le réchauffement climatique en dessous de ce seuil semble désormais impossible".
le changement va s'accélérer
Le niveau de la mer a augmenté de 23 centimètres depuis 1901, atteignant aujourd'hui une vitesse d'élévation de 3,84 millimètres par an. Les vagues de chaleur marines se multiplient, avec 65 jours enregistrés en 2025, triplant le chiffre de 1991.
La situation alarmante est exacerbée par les coupes budgétaires dans les programmes d’observation spatiale. Samantha Burgess, du Centre européen pour les prévisions météorologiques, avertit que ces réductions mettent en péril la collecte de données vitales. "Les observations océaniques, en particulier, sont souvent financées par un seul pays, qui a récemment annoncé la fin de ces financements. Et cela ne concerne pas qu'un seul pays," précise-t-elle.
Enfin, le rapport pointe une baisse des financements alloués à l'Organisation météorologique mondiale, à moitié pour le Programme mondial de recherche sur le climat, tandis que le Système mondial d'observation du climat est également en danger.







