Un groupe de onze pays européens fait pression sur la Commission européenne pour imposer des restrictions supplémentaires concernant l'accès des citoyens russes à l'Union européenne (UE), en se concentrant principalement sur les séjours touristiques. Cette initiative, relayée par l'AFP, inclut des nations comme la Suède, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, la Norvège et l'Islande.
Les signataires expriment leur préoccupation en qualifiant de "profondément troublant" le nombre croissant de Russes profitant de vacances en Europe alors que l'armée russe continue d'attaquer des populations civiles en Ukraine. En 2022, près de 478 000 visas ont été délivrés à des ressortissants russes, beaucoup leur permettant de voyager librement dans l'espace Schengen.
Des révisions prévues pour 2025
Au-delà des préoccupations symboliques, des enjeux de sécurité nationale sont évoqués. Les pays signataires craignent que la libre circulation puisse faciliter les déplacements de soldats russes ayant participé au conflit en Ukraine. Ils appellent ainsi Bruxelles à mettre en place des moyens plus efficaces pour identifier et interdire l'accès aux militaires et vétérans russes.
La réglementation a été renforcée depuis le début du conflit en février 2022, période durant laquelle plus de quatre millions de visas ont été accordés. Selon les chiffres de la Commission européenne, ce nombre a chuté à environ 500 000 en 2023. L'accord facilitant les visas a été suspendu en 2022, et des mesures interdisant les visas à entrées multiples entreront en vigueur en novembre 2025 à la suite d'attaques hybrides.
Un débat au sein de l'UE
Cependant, des pays majeurs comme la France, l'Espagne et l'Italie adoptent une position différente et n'ont pas signé ce texte. Ces pays continuent de délivrer des visas en masse, rappelant que les sanctions en place ciblent déjà des milliers de hauts responsables russes, sans compromettre le bien-être des citoyens ordinaires. Ils estiment qu'imposer des restrictions supplémentaires n'est pas justifié.
Cette approche est partagée par Ioulia Navalnaïa, veuve de l'opposant Alexeï Navalny, qui a mis en garde en septembre 2025 que de telles mesures pourraient alimenter la narrative du Kremlin sur l'hostilité des pays occidentaux.







