La France frappe encore : un pétrolier russe arraisonné en pleine mer

Une nouvelle interception révèle la lutte acharnée de la France contre le contournement des sanctions.
La France frappe encore : un pétrolier russe arraisonné en pleine mer
©Handout, AFP - Le pétrolier dénommé le Tagor le 1er juin 2026 arraisonné par la Marine française au milieu de l'océan Atlantique

La Marine française a annoncé dimanche l'interception d'un pétrolier sous sanctions européennes, en provenance de Russie, au large de l'Atlantique, un acte révélé par le président Emmanuel Macron. Ce vaisseau, soupçonné de naviguer sous un faux pavillon, représente la quatrième interception d'une flotte fantôme russe depuis septembre 2025.

L'opération s'est déroulée à plus de 740 km des côtes françaises, à l'ouest de la Bretagne, d'après un communiqué de la préfecture maritime de l'Atlantique. Le pétrolier, baptisé le Tagor, avait quitté Mourmansk et se dirigeait vers Limbé au Cameroun tout en arborant le pavillon dudit pays.

Cependant, les autorités françaises ont jugé le pavillon suspect et ont décidé d'intervenir conformément à la convention de Montego Bay sur le droit maritime. "L'examen des documents a renforcé nos doutes sur la légitimité du pavillon", a déclaré la préfecture.

Macron a exprimé son indignation face à la violation des sanctions internationales, affirmant : "Il est inacceptable que des batailles juridiques maritimes soient menées pour contourner les règles internationales et financer la guerre de la Russie contre l'Ukraine." Cette opération reflète la détermination constante de la France dans la lutte contre cette flotte déguisée.

Le navire, qui compte 23 membres d'équipage, est accompagné par la Marine nationale vers un point de mouillage pour de nouvelles vérifications. Sa distance actuelle devrait lui prendre entre 24 et 48 heures pour atteindre ce point, selon des sources maritimes.

Lié à un magnat iranien, le Tagor est sous le coup de sanctions des États-Unis et de l'Union européenne et a fréquemment changé de pavillon. Des rapports de Opensanctions.org indiquent qu'il pourrait être associé à Mohammad Hossein Shamkhani, un homme d'affaires iranien dont la famille a des liens avec des figures politiques influentes.

Le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle a précisé que le choix d'intercepter le navire est survenu après avoir identifié des doutes sur sa régularité. Le Tagor, pratiquement vide, n'a pas émis de signal d'identification depuis une semaine, naviguant alors au large de la Norvège, comme l'indique le site Marine Traffic.

Cette interception s'inscrit dans une série d'opérations menées par la France après celles des pétroliers Deyna et Grinch, respectivement arrêtés en mars et janvier de cette année. Pour contrer de telles violations, le gouvernement français envisage de renforcer les sanctions et d'augmenter les peines pour défaut de pavillon.

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