Pour faire face aux inquiétudes d'une nouvelle offensive, l'Ukraine a intensifié ses mesures de défense sur sa frontière nord, particulièrement avec le Bélarus, un allié de la Russie. Annoncées le 21 mai, ces mesures concernent cinq régions clés, dont Tcherniguiv, Kiev et Rivné.
Kiev indique que cette opération mobilise la police, les forces armées, la garde nationale ainsi que les gardes-frontières. Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), ces efforts sont sans précédent par le volume de ressources déployées et visent à garantir une dissuasion efficace contre les menaces potentielles de l'ennemi.
En plus de contrôles renforcés, l'objectif est d'éradiquer toute tentative d'infiltration dans les zones sensibles, des activités de sabotage à la planification d'opérations subversives. Les déclarations du SBU évoquent la nécessité de protéger la souveraineté nationale face aux manœuvres russes.
Le Kremlin a récemment émis des dénégations face aux craintes ukrainiennes au sujet d'une éventuelle implication de Minsk dans le conflit. En revanche, le président bélarusse Aleksandr Loukachenko a affirmé que son pays ne constitue pas une menace, tout en se déclarant prêt à soutenir la Russie.
Les tensions ont monté d'un cran ces dernières semaines, l'Ukraine craignant que la Russie utilise le Bélarus comme tremplin pour des offensives, notamment sur sa capitale. Rappelons que dès le début de l’invasion en février 2022, le territoire bélarusse avait été un point de départ pour les forces russes.
Dans le cadre d'exercices militaires en cours, la Russie a récemment testé des missiles nucléaires, dont plusieurs types de missiles balistiques, suscitant une nouvelle onde d'inquiétude parmi les analystes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui déclaré que Kiev s’organise face à tous les scénarios possibles, y compris une agression depuis le Bélarus.
Néanmoins, selon l’expert militaire Serguiï Zgourets, la menace d’une offensive bélarusse reste peu probable. Il a noté que, pour l’instant, aucune concentration de forces n’est visible du côté bélarusse, suggérant que les annonces de Kiev peuvent être considérées comme des mesures de communication stratégique vis-à-vis de Moscou.







