Bruno Lafont, l'ex-dirigeant du géant du ciment Lafarge, actuellement incarcéré à la prison de la Santé depuis le 13 avril, demande une remise en liberté dans l'attente de son procès en appel. Il a été condamné à six ans de prison avec exécution provisoire par le tribunal correctionnel de Paris pour financement du terrorisme.
Lors de son comparution par visioconférence devant la cour d'appel de Paris, l'ancien PDG semblait visiblement affecté par ses 35 jours de détention. À l'approche de son 70ème anniversaire, prévu le 8 juin, il a partagé ses réflexions sur la vie en prison. "La prison, c'est quelque chose d'assez difficile pour moi. Pas parce que le personnel n'est pas agréable, mais à cause de la séparation douloureuse avec mon épouse," a-t-il déclaré.
Retraité, Lafont a plaidé sa cause devant la cour, affirmant : "Je n'ai jamais manqué la moindre convocation. Je ne voyage plus et ma vie est ancrée en France, où résident mes enfants, mes petits-enfants et mon épouse. Je vis entre Paris et la Bretagne." Il a insisté sur l'importance de défendre son honneur au prochain procès.
Interrogé sur son quotidien carcéral, il a confié à la cour : "Je lis beaucoup, participe à toutes les promenades, et écris un peu, mais pas trop. J'ai redécouvert la lecture comme jamais auparavant." Dans cette période incertaine, il partage une cellule avec Christian Herrault, ancien directeur adjoint des opérations chez Lafarge, également condamné. "Nous discutons principalement des conditions de vie en prison, un domaine totalement nouveau pour moi," a-t-il ajouté.
La cour d'appel de Paris rendra sa décision sur les demandes de remise en liberté le 26 mai
Alors que la date de la décision approche, de nombreux observateurs, y compris des experts en droit pénal, soulignent l'importance des arguments mis en avant par Lafont. Pour le professeur Jean-Michel Letourneur, spécialiste en droit pénal, "le respect des droits de l'homme en prison et la prise en compte des circonstances personnelles de l'accusé devraient influencer la décision de la cour."







