Dans une atmosphère tendue au Centre de Confinement du Terrorisme (Cecot), près de 220 membres de la Mara Salvatrucha (MS-13) ont assisté à un procès sans précédent, écoutant des récits tragiques livrés par des témoins, exposant les atrocités commises par le gang.
Ce procès, le premier visant une structure de commandement de gangs, réunit au total 486 membres de la MS-13, considérée comme une organisation terroriste par les États-Unis, qui comparaissent virtuellement depuis plusieurs prisons.
Les accusés font face à des chefs d'accusation extrêmement graves, ayant été impliqués dans plus de 29 000 assassinats, incluant ceux de 87 personnes en mars 2022, qui ont incité le président Nayib Bukele à déclarer une lutte acharnée contre les gangs. À l’époque, la MS-13 et son rival, le Barrio 18, contrôlaient jusqu’à 80 % du pays, selon les déclarations de M. Bukele.
Munis de menottes aux mains et aux pieds, vêtus de tee-shirts et shorts blancs, les co-accusés écoutent, immobiles, des témoignages glaçants diffusés par des haut-parleurs dans la cour où ils sont jugés.
- Un système de terreur -
Au cours de l’audience, un juge a interrogé un membre du gang, qui a décrit en détail des actes de torture, déclarant avoir brûlé les organes génitaux de ses victimes sur ordre de ses supérieurs. D'autres témoins protégés ont révélé comment des dirigeants du gang commandaient des homicides directement depuis les prisons, une stratégie connue sous le nom d'« ouverture de vannes », comme l'a précisé le procureur adjoint contre le crime organisé, Max Muñoz, sur les réseaux sociaux.
Parmi les 486 accusés, se trouvent des figures de proue du gang, notamment une vingtaine de chefs ayant des tatouages distinctifs sur les mains et le visage, connus pour leur statut redouté dans la hiérarchie de la MS-13. Certains observaient attentivement les journalistes, lançant des regards menaçants.
Dans le lot, on retrouve des individus comme Borromeo Henriquez, surnommé « Diablito de Hollywood », et Carlos Tiberio Ramirez, alias « Snaider de Pasadena », qui ont pris connaissance des accusations sans réagir. Dionisio Aristides Umanzor, connu comme « Sirra », figure aussi parmi les accusés, à la tête d'une des cellules de gang les plus sanglantes.
« Ces individus ont causé douleur et souffrance à notre société pendant de nombreuses années », a déclaré Belarmino Garcia, directeur du Cecot, à l'issue de cette journée d’audience.
Les procès de masse se multiplient dans le pays, où environ 91 000 personnes sont actuellement en détention sous un régime exceptionnel mis en place en mars 2022, permettant des arrestations sans mandat. Des organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch, ont exprimé des inquiétudes quant aux arrestations arbitraires et aux actes de torture signalés dans les établissements pénitentiaires.







