Un ancien militaire australien a été arrêté ce mardi à Sydney, soupçonné de crimes de guerre commis en Afghanistan entre 2005 et 2016, selon des annonces de la police fédérale. Cette arrestation fait suite à une enquête approfondie sur le comportement des troupes australiennes dans la région.
Bien que la police ne confirme pas l'identité du suspect de 47 ans, les médias australiens l'identifient comme étant Ben Roberts-Smith, un ancien récipiendaire de la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire australienne.
L'individu a été appréhendé dans un aéroport de Sydney et devait comparaître devant le tribunal le même jour. Il fait face à cinq accusations de crimes de guerre, dont des meurtres présumés survenus en avril 2009 et en septembre-octobre 2012 dans la province d'Uruzgan, en Afghanistan.
D'après la commissaire de la police fédérale, Krissy Barrett, "les victimes n'étaient pas engagées dans les hostilités lors de leur meurtre présumé". Elle a précisé que "les victimes auraient été abattues soit par l'accusé, soit par des subordonnés suivant ses ordres".
Ancien membre du Special Air Service Regiment, les forces spéciales australiennes, Ben Roberts-Smith était autrefois célébré pour son héroïsme en tant que figure emblématique de la guerre en Afghanistan. Il avait reçu la Victoria Cross pour son "courage exceptionnel" lors d'une opération contre un leader taliban, une période qui lui avait valu une rencontre avec la reine Élisabeth II et un portrait exposé à Canberra.
Cependant, sa réputation a été gravement ternie en 2018, lorsque des rapports faisaient état de son implication dans le meurtre de prisonniers afghans non armés, des accusations qu'il a toujours niées. Suite à cela, il a connu des revers dans ses poursuites pour diffamation contre les médias.
Des enquêtes approfondies menées par The Age et The Sydney Morning Herald ont révélé que l'aura de héros qui l'entourait pouvait masquer une série de comportements criminels inacceptables. Les enquêtes ont inclus des allégations selon lesquelles il aurait donné des ordres pour l'exécution de civils afghans innocents, y compris le cas d'un homme abattu et dont la prothèse aurait été utilisée comme un récipient à boisson par des soldats.
L'Australie a déployé près de 39 000 militaires en Afghanistan au cours des deux dernières décennies, participant à des opérations dirigées par les États-Unis et l'OTAN contre les talibans et d'autres factions. Une enquête militaire en 2020 a révélé d'illégales exécutions de 39 civils et prisonniers afghans, ainsi que des allégations de traitements inhumains et de concours macabres entre soldats pour le nombre de victimes.
Face à ces révélations, le gouvernement australien a fait appel à un enquêteur spécial pour déterminer si certains militaires, actuels ou anciens, devront faire l'objet de poursuites judiciaires. En mars 2023, un autre ancien soldat des forces spéciales avait également été arrêté pour des crimes similaires, son procès étant prévu pour février 2027 devant la Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud.







