Des experts mandatés par l'ONU ont lancé un appel retentissant ce jeudi pour qu'une enquête internationale soit ouverte suite au décès tragique de trois journalistes libanais, tués lors d'une frappe israélienne. Selon ces spécialistes, Israël n'a pas présenté de "preuves crédibles" établissant un lien entre ces journalistes et des groupes armés.
Les victimes incluent Fatima Ftouni, journaliste pour Al-Mayadeen, un média proche du mouvement chiite, son frère Mohammed Ftouni, caméraman, et Ali Shouaib, correspondant pour la chaîne du Hezbollah Al-Manar. Tous trois ont perdu la vie le 28 mars lorsqu'une frappe a ciblé leur véhicule près de Jezzine, dans le sud du Liban.
Les experts ont fermement condamné ce qu'ils qualifient de "pratique courante et dangereuse" d'Israël qui, selon eux, utilise des justifications infondées pour cibler des journalistes sous prétexte de leur prétendue affiliation à des forces armées. "Nous avons des raisons de croire que ces allégations ne reposent pas sur des faits réels", ont-ils déclaré dans un communiqué.
L'armée israélienne a accusé Ali Shouaib d'appartenir à la force al-Radwan, une unité d'élite du Hezbollah, opérant "sous couverture journalistique". Cependant, les preuves apportées, notamment une photo modifiée sur Photoshop, ont été critiquées comme étant des tentatives de manipulation.
Aujourd'hui, les experts rappellent que le simple fait de travailler pour un média associé à un groupe armé ne fait pas de quelqu'un un combattant, un point essentiel dans le cadre du droit international humanitaire. Ils ajoutent que les responsables israéliens semblent ignorer cette réalité, profitant d'une impunité persistante pour leurs actions passées.
Leurs recommandations incluent une amplification des efforts du gouvernement libanais pour rassembler les preuves nécessaires à une enquête internationale, soulignant l'importance de tenir les responsables de ces crimes pour compte. Bien que les rapporteurs spéciaux soient indépendants et n'agissent pas au nom de l'ONU, leur voix pèse dans ce débat crucial.
Il est à noter qu'une escalade des tensions entre Israël et le Hezbollah a été observée depuis le début des affrontements en 2023, et un cessez-le-feu a été conclu en novembre 2024. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins onze journalistes et professionnels des médias libanais ont été tués durant ce conflit. En parallèle, la situation à Gaza a également été alarmante, avec 210 journalistes palestiniens perdant la vie lors des combats avec l'armée israélienne.







