Pensait-il vraiment agir au nom du pays? C'est la question soulevée par Me Romain Ruiz, l'avocat de Carl E., l'un des accusés. Ce dernier prétend qu'il croyait opérer sous des ordres venant de ses supérieurs hiérarchiques. Cette affaire, qui s'inscrit dans le vaste dossier de la loge maçonnique Athanor, implique actuellement 22 personnes devant la justice.
Arrêtés le 24 juillet 2020 alors qu'ils surveillaient le domicile de Marie-Hélène Dini, Carl E. et son collègue Pierre B. ont justifié leur présence par une mission prétendue à des fins d'assassinat. Alors que Pierre B. affirmait agir en tant qu'agent de la DGSE, Carl E. soutient qu'il n'était qu'un chauffeur, sans connaissance des véritables intentions de leur mission, comme l'a rapporté BFM.
« Carl E. n'avait aucune idée de la finalité de cette opération. Il n'a réalisé que des reconnaissances », a affirmé son avocat. Pourtant, l'enquête a révélé que cette mission n'existait pas et que la DGSE n'était pas impliquée, mais qu’il s’agissait plutôt d’un événement provoqué par un réseau criminel en lien avec Athanor.
Une défense basée sur l'autorité légitime
Pour éviter une peine de réclusion criminelle à perpétuité, la défense met en avant le principe du « commandement de l'autorité légitime ». Ce principe juridique stipule que les actes accomplis sous les ordres d'une autorité publique ne peuvent être considérés comme délictueux, sauf s'ils sont manifestement illégaux, comme l'indique le code pénal.
Ce principe donne lieu à une exonération de la responsabilité pénale, comparable à des cas de folie ou d'abolition du discernement, comme l'a expliqué Me Ruiz à BFM.
« Bien que j'aie peut-être enfreint la loi, je croyais agir légitimement sous un ordre donné par une autorité reconnue », a précisé Carl E. au cours de ses interrogatoires. Son avocat soutient qu'il n'est qu'un bon soldat, s'alignant aux ordres qu'il pensait honnêtes.
Dupé par la structure hiérarchique
Me Ruiz avance que son client a pu être manipulé par les activités obscures de la loge maçonnique Athanor, exacerbées par une grande opacité ordinaire dans la hiérarchie de la DGSE. Il évoque un principe de cloisonnement en vigueur dans les services de renseignement, rendant difficile la compréhension totale des missions de chacun.
« Carl E. pensait véritablement agir sous directives de la DGSE », a affirmé son avocat. Le cloisonnement signifie que chaque agent connaît sa mission, mais n'a pas accès à celles des autres. »
Pour l'instant, l'issue de cette défense reliant le principe du commandement légitime reste incertaine. « La crainte de Carl E. est de ne pas être entendu et de retracer son chemin vers la prison », conclut son avocat.
Athanor : loge maçonnique et crime organisé
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