Xavier Dupont de Ligonnès est soupçonné d'avoir mis fin aux jours de sa femme et de ses quatre enfants à Nantes avant de disparaître en avril 2011. Le mois de cette tragédie apparait comme un puzzle complexe, où chaque détail, depuis l'achat de matériaux jusqu'aux recherches infructueuses, compte. ICI explore cet enchaînement macabre.
Une exécution méthodique
Le 1er avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès, alors âgé de 50 ans, effectue des achats dans plusieurs magasins. Ce jour-là, il acquiert non seulement du ciment, une bêche et une houe, mais également quatre sacs de 10 kg de chaux le lendemain. Deux jours plus tard, il emmène sa femme Agnès et trois de leurs enfants au restaurant suivi d'une sortie au cinéma à Nantes.
C'est durant la nuit du 3 au 4 avril que les enquêteurs estiment que la tragédie a eu lieu. Agnès et les enfants Benoît (13 ans), Anne (16 ans) et Arthur (21 ans) sont vraisemblablement assassinés, tandis que leur frère, Thomas, 18 ans, n'est pas chez eux cette nuit-là, mais revient le 5 avril selon la demande de son père, et il serait également tué cette nuit-là.
Des lettres pour brouiller les pistes
Dans les jours qui suivent, le 11 avril, les établissements où sont scolarisés les enfants ainsi que l'employeur d'Agnès reçoivent des courriers plausibles affirmant que la famille s'installe en Australie. Neuf proches de la famille trouvent même une lettre indiquant que tout le monde partait pour les États-Unis car Xavier menait une double vie en tant qu’agent secret. À ce moment, il avait déjà disparu.
Après avoir dîné seul dans une auberge huppée du Vaucluse dans la nuit du 12 au 13 avril, la police est alertée le lendemain, lorsque des amis et voisins, inquiets pour la famille, contactent les autorités.
La découverte des corps
Les événements prennent une tournure tragique lorsque, le 21 avril, le procureur de la République de Nantes annonce la découverte de restes humains dans le jardin de la famille sous la terrasse. Les enquêteurs identifient alors cinq corps : ceux d'Agnès et de ses enfants, et même ceux des deux chiens de la famille, emballés dans des draps et de la chaux. L'autopsie révèle une exécution méthodique, chaque victime ayant reçu plusieurs balles en pleine tête.
Le début de la traque
Ce drame a profondément choqué la France. Une marche blanche en mémoire des victimes a rassemblé 450 personnes le 26 avril, deux jours avant les obsèques. Les premières fouilles autour de Roquebrune-sur-Argens, où Dupont de Ligonnès était aperçu pour la dernière fois quinze jours plus tôt, ne donnent rien.
Malgré les efforts réitérés des enquêteurs et l'engouement médiatique, la traque de Xavier Dupont de Ligonnès demeure une énigme irrésolue quinze ans plus tard. Des rumeurs et des pistes se multiplient, mais sans résultats concrets. L'affaire demeure l'un des plus grands mystères criminels en France, captivant et horrifiant à la fois. Selon un rapport de France Bleu, les recherches se poursuivent, mais les espoirs s'amenuisent.







