L'incendie qui ravage les Pyrénées-Orientales a déjà consumé près de 4.900 hectares, bien qu'il ait été stabilisé dans plusieurs zones, il reste une menace sérieuse, a confirmé Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, lors d'une visite à Ille-sur-Têt.
Pour faire face à cette crise, des moyens aériens supplémentaires seront déployés dès mardi, ciblant particulièrement le flanc susceptible de causer le plus de dommages. Deux avions nationaux et six européens, équivalents à la capacité d'eau de quatre Canadair, viendront soutenir les efforts déjà en cours, comprenant sept Canadairs, deux avions DASH et deux hélicoptères de lutte contre les incendies. Sur le terrain, 800 pompiers, dont 400 en renfort des départements voisins, sont mobilisés pour endiguer les flammes.
Dimanche soir, environ 1.000 habitants de 28 communes ont été contraints d'évacuer. Les flammes ont principalement ravagé des territoires boisés et de garrigues, causant des dégâts matériels, notamment une vingtaine de maisons endommagées, comme le confirme Marc Bianchini, le maire de Rodès, qui a décrit les lieux comme dévastés : « à certains endroits, c'est comme si une bombe avait explosé, c'est désastreux ».
« Un coup de vent ravive le feu »
Le départ du feu est survenu au départ du village de Trévillach samedi et a eu tendance à se propager rapidement durant le week-end. Le maire a témoigné : « À 7 heures, cela semblait sous contrôle. Mais avec la chaleur et un coup de vent, tout a repris ». Ce lundi, il continue à progresser mais de manière moins explosive. Les autorités demandent instamment aux personnes évacuées de ne pas revenir chez elles pour l'instant. Le bilan fait état de 11 blessés légers, parmi lesquels sept pompiers.
La région demeure sous vigilance orange en raison de la canicule, avec des températures atteignant localement 40 °C. Charlotte Couture, responsable assistance feux à la direction régionale de Météo-France, souligne que la sécheresse prolongée augmente le risque, affirmant qu'il ne pleut pas significativement depuis plus de deux mois dans la région.
Enfin, l'incendie a également entraîné une pollution aux particules fines, alertant Atmo Occitanie qui recommande aux personnes vulnérables de limiter leurs activités physiques. En parallèle, les coureurs du Tour de France ont été conseillés de traverser le département sans public pour éviter tout encombrement des routes empruntées par les secours. Le préfet avait assuré qu'aucun sapeur-pompier n'était engagé sur les étapes du tour.







