À la suite du rapport d'inspection sur le décès tragique de la jeune Lyhanna, une substitut du parquet d'Auch se retrouve en arrêt maladie, alors qu'elle pourrait être sanctionnée pour des fautes présumées. Cette situation a entraîné une vague de solidarité parmi ses collègues, qui dénoncent une "chasse aux sorcières" au sein de la justice.
Accusations sérieuses
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative le 22 juin, afin d'examiner les "défaillances graves" signalées dans le traitement de cette affaire. Le rapport de l’Inspection générale de la justice fait état de sérieux dysfonctionnements : des lenteurs administratives, des défauts de suivi, ainsi qu'un manque de coordination entre le parquet d'Auch et les gendarmes de Condom.
Une magistrate en détresse
A la suite de ces révélations, la magistrate concernée a exprimé sa détresse par SMS, déclarant à des proches : "Je suis déjà sanctionnée alors que je ne me suis pas encore défendue". D’après des sources syndicales rapportées par BFMTV, elle est actuellement en arrêt maladie. Bien qu'elle soit nouvelle au parquet d'Auch, sa précédente expérience en tant que fonctionnaire de greffe témoigne de son engagement envers son métier.
Elle a également souligné sa diligence en traitant le dossier de Lyhanna en cinq semaines, estimant que ce délai est raisonnable compte tenu de la charge de travail.
Mobilisation du corps judiciaire
Le 23 juin, des magistrats du tribunal judiciaire de Montauban se sont mobilisés pour manifester leur soutien à leur collègue, réunis sur les marches du palais de justice, scandant : "Je suis le parquet d'Auch". Cette déclaration a été massivement relayée par l'Union syndicale des magistrats.
Les deux plus hauts magistrats de France, Christophe Soulard et Rémy Heitz, ont également apporté leur soutien à la magistrate et à ses collègues, affirmant dans un communiqué : "Au-delà des actes de tel ou tel, c’est une chaîne de protection qui a cédé." Ils ont également insisté sur le manque de moyens dont souffre la justice française par rapport à d'autres pays européens.
Sanctions pour les gendarmes concernés
Côté gendarmerie, des sanctions ont également été prises. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé en début de semaine la mutation de deux hauts gradés de la gendarmerie du Gers ayant participé à l'enquête.







