Lors du procès concernant la mort tragique de Zita, 16 mois, décédée en 2018 d'une dénutrition sévère, l'avocate générale a réclamé ce mardi à Valence, dans la Drôme, une peine de cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Ces réquisitions, empreintes d'humanité, visent à éviter de priver une fratrie de neuf enfants de leurs parents.
Dans la salle de la cour d'assises, l'avocate a marqué les esprits. Les parents de Zita sont en effet jugés pour avoir causé la mort de leur fillette par "privation d'aliments". En exposant ses réquisitions, l'avocate a mis en avant que si ces parents connaissaient une lourde peine, ce seraient en réalité leurs enfants qui en feraient les frais, étant amenés à être placés dans un contexte difficile. "Cela n'apporterait rien à la société," a-t-elle déclaré.
Si la cour accepte ces recommandations, la peine de deux ans de prison ferme serait aménageable. Les parents, originaires de Saint-Marcel-lès-Valence, ont déjà engagé des changements dans leur comportement, notamment en faisant vacciner leurs autres enfants, alors qu'ils avaient précédemment falsifié leurs carnets de santé pour éviter la vaccination.
Reconnaissance des erreurs
Tout au long de l'audience, il est apparu que la mère a pris conscience de sa part de responsabilité dans cette tragédie. Elle a exprimé avec émotion : "J'étais trop fixée sur mes croyances, j'ai misé sur l'ostéopathie et l'homéopathie. À présent, j'ai compris que j'étais égarée. Je me sens responsable de la mort de ma fille par dénutrition et j'éprouve de la honte." Ces mots poignants ont touché l'audience et soulignent la complexité de leur situation.
Les témoignages des aînés de la fratrie, venus défendre leurs parents, ont probablement influencé les réquisitions de l'avocate générale. Le verdict final est attendu le 4 juin, et il soulève des questions cruciales sur la justice et la parentalité au sein de la société.







