La cour d'assises de Loire-Atlantique a débuté l'audience, le 28 mai, pour juger Martin Ney, accusé de l'assassinat de Jonathan Coulom, un enfant de 10 ans disparu au printemps 2004. Son corps a été retrouvé dans un étang à Guérande. Ney, 55 ans, campe sur sa position et dément toute implication dans cette tragédie.
Lors d'un interrogatoire approfondi, le président de la cour a mis en lumière les trois meurtres d'enfants qu'il a avoués avoir commis en Allemagne. Bien qu'il ait reconnu avoir examiné le dossier de Jonathan en raison de certaines similitudes, il persiste à dire qu'il n'y est pour rien.
Des experts évoquent une "signature" criminelle
Les experts criminels ont établi un parallèle troublant entre l'affaire de Jonathan et les actes d'un tueur à l'allure méthodique. Selon ces spécialistes, des éléments tels que le fait que le corps ait été découvert plusieurs jours après la disparition et encore lesté d'un parpaing indiquent une signature commune. Un fait qu'a souligné la présidente du tribunal.
Les psychologues notent également que les caractéristiques des actions de Ney correspondent à un profil criminel bien particulier. Pour eux, il ne fait guère de doute qu'il s'agit de la même personne derrière ces crimes, ce qui soulève des questions sur ses antécédents criminels.
Un accusé imperturbable malgré les accusations
Martin Ney, tout en reconnaissant des similarités, a déclaré : "Je maintiens que je n’ai rien à faire avec le dossier Jonathan Coulom". Imperturbable face aux pressions, même en évoquant ses crimes passés, il n'a montré aucun signe de fragilité face à une enquête qui déterre des souvenirs et des souffrances pour les familles des victimes.
Il a été profondément touché par le phénomène d'émotion suscité par les témoignages des proches de Jonathan, déclarant qu'il pouvait comprendre leur douleur. "Je me doute que cette famille a enduré les mêmes souffrances que celles que j'ai infligées à mes propres victimes", a-t-il affirmé.
Interrogé par Me Herrmann, l’avocate d'une partie civile, sur la nécessité pour cette famille d'obtenir des réponses, Ney a réitéré : "Je ne peux pas fournir d'informations que je n'ai pas".
Prochainement, ce procès se poursuivra alors que le temps presse pour établir la vérité. Absorbés dans l'attente de réponses, les proches de Jonathan espèrent pouvoir donner un sens à cette tragédie qu'ils ont vécue douloureusement.
Rappel des faits
Depuis le 19 mai, la cour d'assises de Loire-Atlantique examine l'affaire impliquant Martin Ney, condamné en 2012 pour le meurtre de trois enfants en Allemagne. Jonathan a été enlevé dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 dans un centre de vacances à Saint-Brevin-les-Pins. Son corps a été retrouvé six semaines plus tard, flottant dans un étang. Ney, qui fait face à une réclusion criminelle à perpétuité, doit encore faire face à la douleur émanant de cette affaire à la conclusion de son procès, prévue pour le 4 juin.







