Mathilde Durand
L'essentiel
- Lundi 11 mai, une fusillade a fait deux morts et six blessés dans le quartier des Moulins à Nice.
- Trois personnes, sur les quatre interpellées, ont été mises en examen et placées en détention provisoire.
- Parmi elles, le tireur présumé. L'homme de 30 ans, connu de la justice, nie les faits.
Le tireur est arrivé en trottinette électrique, en plein milieu de l’après-midi. Une semaine après la fusillade mortelle du quartier des Moulins à Nice, où deux hommes, qui n’étaient pas impliqués dans le trafic de stupéfiants, ont perdu la vie, le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a annoncé lors d'une conférence de presse conjointe avec le procureur de Nice, Damien Martinelli, que trois suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire.
Les suspects, dont le tireur présumé, ont été arrêtés deux jours après le drame, identifiés dans des appartements à Nice. Un véhicule volé à Marseille a aussi été retrouvé, rempli de jerricans d’essence, laissant présager un potentiel deuxième projet criminel, comme l’a précisé le commissaire divisionnaire Eric Antonetti, qui dirige le service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Nice.
Un blocus logistique
Une cinquantaine d’enquêteurs se sont mobilisés pour retrouver le tireur, décrit comme « particulièrement calme » par des témoins. Après avoir fuir les lieux en trottinette, il a pris un véhicule volé, retrouvé incendié à Roquefort-les-Pins. Cette situation alerte sur l’ampleur des échanges entre réseaux de Nice et ceux issus de Marseille, signalent des sources judiciaires.
Le tireur, un homme de 30 ans noté pour des antécédents judiciaires, rejette les accusations, mais la localisation de son signal téléphonique corroborerait sa présence sur les lieux du crime. Deux autres suspects, une femme de 26 ans et un homme de 19 ans, sont aussi en détention ; la première est soupçonnée de logistique et affirme avoir été contrainte d'héberger le tireur pour rembourser une dette de drogue, tandis que le second prétend qu'il ne connaissait pas le but des véhicules transportés.
Conflit territorial
Pour les autorités, cette fusillade est symptomatique d'une escalade entre trafiquants. D'après Eric Antonetti, il existe une intensification des tensions à Nice entre deux factions, chacune tentant de s'affirmer dans la région : l’une provenant des quartiers Est et l’autre du quartier des Moulins. Les connexions avec les réseaux marseillais sont aussi claires, voire influencées par des groupes parisiens.
Le quartier des Moulins a déjà connu des incidents similaires, dont une fusillade mortelle en octobre ayant causé la mort de deux autres innocents, selon 20 Minutes. En 2025, 600 personnes ont été placées en garde à vue liées à des activités criminelles dans ce quartier, et les chiffres de cette année continuent de croître.
Sur les douze points de vente identifiés en 2023, seuls deux restent actifs. Les autorités insistent sur l’urgence de démanteler ces centres pour éradiquer ce cycle de violence. La situation est d'autant plus préoccupante avec la disparition de « onze victimes innocentes » au cours des derniers mois dans cette même zone.







