Ce mardi 12 mai, un éleveur de Meillac, près de Combourg (Ille-et-Vilaine), a comparu au Tribunal judiciaire de Saint-Malo, poursuivi pour "mauvais traitement" sur près de soixante bovins. Ce procès fait écho à des images troublantes diffusées par l'association L214, montrant des vaches embourbées dans un lisier épais ainsi qu'un cadavre de veau, révélant des conditions de vie particulièrement inquiétantes.
L'éleveur, âgé de 46 ans, qui a hérité de cette exploitation familiale en 2009, défend son action en plaidant des circonstances atténuantes : "Il pleuvait chaque jour, j’ai fait tout ce que j’ai pu avec les ressources que j’avais". Cependant, il est confronté à des accusations graves : l'inspection par la DDPP (Direction départementale de la Protection des populations) a mis en lumière à plusieurs reprises des manquements au bien-être animal durant les années précédentes.
Au cours de l'audience, l'éleveur a exprimé sa préoccupation pour son troupeau, mais a également évoqué son propre désespoir économique. "Je ne gagne que 700 euros par mois, et avec le Covid et les pannes de mon matériel, la situation est devenue ingérable". En janvier 2024, il avait finalement décidé de vendre une partie de son cheptel, une aide apportée par les services de l’Etat dans un contexte de difficultés croissantes. Actuellement, après la fermeture de son exploitation en juillet 2024, il travaille en tant que salarié chez d'autres éleveurs.
Un cri du cœur pour le secteur agricole
Lors de son témoignage, il a fait une remarque troublante : "Que vais-je devenir si je ne peux plus travailler avec des animaux ? Je n'ai pas de plan B". Ces mots ont résonné dans la salle d’audience, mettant en lumière les défis émotionnels auxquels sont confrontés de nombreux agriculteurs en détresse.
Son avocat, Maître Pierre Stichelbaut, a plaidé pour la clémence en évoquant le caractère non intentionnel des mauvais traitements. Cependant, les associations de défense des animaux, telles que L214 et la fondation Brigitte Bardot, ont demandé des réparations importantes et envisagent une interdiction d’exercer pour l’accusé.
Le procureur a requis jusqu'à six mois de prison avec sursis, une amende de 500 euros ainsi que l’interdiction de détenir ou de travailler avec des animaux. Le jugement final sera rendu le 9 juin 2026, un délai qui soulève des inquiétudes quant à l’avenir de cet homme plongé dans l'incertitude.







