La première réunion interministérielle consacrée à l'hantavirus s’est tenue le 12 mai à Matignon. Le Premier ministre a annoncé des réunions quotidiennes jusqu'à la fin de la crise, ainsi qu'une quarantaine renforcée dans les hôpitaux pour les cas contacts. "Nous prenons les précautions nécessaires", souligne Jean-Daniel Lelièvre, immunologiste à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.
Face à la menace de propagation de l’hantavirus en France, le gouvernement intensifie ses efforts. Cinq passagers du MV Hondius, rapatriés le 10 mai dont une femme testée positive, sont placés en isolement strict à l'hôpital Bichat à Paris. Un cas contact à Concarneau, identifié le 12 mai, a été transféré au CHU de Rennes. Parmi 21 autres passagers de vols reliant Sainte-Hélène à Johannesburg puis à Amsterdam, huit sont déjà isolés depuis plusieurs jours, tandis que les autres sont invités à s’auto-isoler en attendant leur quarantaine hospitalière, comme l'a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu le 11 mai. Deux réunions de coordination se tiennent chaque jour à Matignon pour suivre l’évolution de la situation minute par minute.
Jean-Daniel Lelièvre réagit à la situation : "La situation actuelle est assez exceptionnelle, on n’a pas l’habitude".
Franceinfo a interrogé l'immunologiste :
Franceinfo : Pourquoi prendre autant de précautions pour un virus dit moins grave que le Covid ?
Jean-Daniel Lelièvre : Ces précautions sont justifiées. Bien que le nombre de cas attendus ne soit pas comparable à celui du Covid, l'hantavirus occasionne une mortalité élevée, allant de 30 à 50 %, et a une période d'incubation plus longue. Sur un bateau, les interactions et donc les risques de transmission sont accrus, d'où l'inquiétude et les mesures sévères mises en place.
Les experts s’accordent à dire que la transparence et la réaction rapide sont essentielles pour contenir le virus avant qu'il ne se propage davantage. Ce qui se passe actuellement rappelle à beaucoup les débuts de la pandémie de Covid-19, estiment de nombreux observateurs.







