Revenant au banc des accusés ce mercredi 29 avril, l'ancien président français Nicolas Sarkozy doit se défendre des affirmations de son ancien collaborateur Claude Guéant. Ce dernier évoque avoir suivi « ses instructions », tandis que Sarkozy, déjà condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, conteste vigoureusement ces accusations.
Claude Guéant, 81 ans, absent en raison de problèmes de santé, a cependant transmis des attestations pour contredire les insinuations de Sarkozy, qui suggère un enrichissement personnel de la part de son ancien bras droit. Guéant, au cœur des manœuvres politiques de Sarkozy, insiste avoir toujours agi sous sa direction.
Ce procès, qui doit s'achever fin mai avec un verdict attendue en novembre, met en jeu non seulement l'honneur de Sarkozy, mais également sa liberté, lui qui a déjà purgé 20 jours de détention. À l'origine, il a été reconnu coupable d'avoir permis à Guéant et à son proche Brice Hortefeux d'explorer des financements occultes en provenance de Libye, chose que les trois individus nient.
Une réunion en Libye en 2005
L'une des questions clés de ce procès est la réunion en Libye de 2005, lors de laquelle les autorités libyennes auraient exigé des contreparties diplomatiques et économiques pour leur soutien. Parmi eux, la situation du beau-frère de Mouammar Kadhafi, Abdallah Senoussi, convaincu d'attentats en France. Des témoignages accuseraient Sarkozy d'avoir abordé ce sujet lors d'un dîner officiel à Tripoli en 2007.
Guéant, qui a lui-même été condamné à six ans de prison pour diverses infractions, accuse Sarkozy d'être au courant de la réunion en Libye, bien que Sarkozy insiste n'en avoir jamais eu connaissance. Les détails sont devenus flous, et Guéant a même révélé des communications avec Thierry Herzog, l'avocat de Sarkozy, à ce sujet.
« Pacte de corruption »
Les échanges secrets entre Guéant et Senoussi s'intensifient, et Guéant affirme que ces rencontres ont semé les bases d'un potentiel « pacte de corruption ». Les procureurs sont convaincus que ces discussions précédaient de voyages officiels de Sarkozy, alors qu'il occupait le poste de ministre de l'Intérieur.
En outre, Guéant révèle que Sarkozy était « certainement au courant » de ses missions en Libye entre 2008 et 2010. Néanmoins, Sarkozy rétorque que rien de concret n'a été promis à Senoussi et qu'aucune avance n’a été faite en son nom, soulignant qu’il avait agi avec prudence, afin de ne pas nuire aux relations franco-libyennes.







