Au cours de plusieurs mois, des journalistes de CNN ont investigué sur des plateformes pornographiques et des forums de discussion pour mettre en lumière une pratique terrifiante : le 'sleep porn', qui consiste à filmer des viols de femmes inconscientes ou droguées sans leur consentement. Un exemple marquant est celui de Dominique Pelicot, qui a utilisé un pseudonyme sur le site Coco intitulé « à son insu », maintenant renommé « ZZZ ».
Cette forme de pornographie destructrice, que l’on retrouve sans difficulté sur divers sites, implique un échange de conseils entre agresseurs. CNN a récemment publié une enquête approfondie qui révèle l’existence d’une soi-disant « académie mondiale du viol ». Alain Grasset, sociologue et expert en violences sexuelles, évoque un phénomène perturbant, affirmant que cela illustre l’évolution des pratiques sexuelles toxiques en ligne.
« Votre compagne ne se souviendra de rien »
Sur le site Motherless, qui a comptabilisé 62 millions de visites rien qu'en février, plus de 20 000 vidéos de femmes endormies ou sous l'effet de substances chimiques y sont disponibles. Ces contenus, qui attirent des centaines de milliers de vues, sont souvent étiquetés avec des mots-clés comme « passed out » (évanouie) ou « eye check » (vérification des yeux), une méthode immonde où l’on soulève les paupières des victimes pour prouver leur état d’inconscience.
Des forums de discussion, comme le groupe intitulé « Zzz », permettent également aux membres de partager vidéos et méthodes pour droguer leurs partenaires. Un utilisateur a même inscrit : « Votre femme ne sentira rien et n’aura aucun souvenir », à propos d’un produit qu’il propose de vendre, selon CNN.
Vers une dynamique de groupe dangereuse
Certains individus vont encore plus loin en monnayant, généralement via cryptomonnaies, des vidéos en direct de leurs actes criminels. Un agresseur, sous couvert d'anonymat, a partagé avec CNN qu’il était « ravi » d’avoir exploité le viol de son épouse, qui avait été au préalable assoupie. Expert en criminologie, Dr. Lise Roux attribue cette culture de l'impunité à une dynamique de groupe au sein de ces plateformes, disant que cela aide à réduire la culpabilité des participants.
Des études menées par Annabelle Montagne, psychologue spécialisée dans les violences sexuelles, mettent également en avant une « camaraderie perverse » entre ces utilisateurs, où les individus développent des liens qui renforcent leurs pulsions « narcissiques ». Sandrine Josso, députée française, a qualifié ces espaces d'« académies du viol en ligne », y décrivant un accès aisé à des informations établissant un cadre pour devenir un prédateur sexuel. Ces révélations peinent à souligner l'urgence d’une régulation plus stricte sur les contenus en ligne, tout en appelant à une prise de conscience collective et institutionnelle sur ce fléau inquiétant.







