L'autorité italienne de la concurrence a ouvert une enquête contre le géant du luxe LVMH, ses marques Sephora et Benefit, les accusant de promouvoir l'«utilisation précoce de cosmétiques pour adultes par des enfants et des adolescents», y compris des crèmes anti-âge. Dans un communiqué, l'AGCM a précisé qu'elle s'intéresse à l'«omission ou le caractère trompeur d'informations pertinentes» tant en magasin que sur les plateformes en ligne.
Les préoccupations portent sur l'absence d'«avertissements et précautions concernant des cosmétiques non destinés aux mineurs», en particulier pour les rangs de produits de Sephora Collection et Benefit. De plus, l'autorité considère que les marques ont recréé un réseau de «très jeunes micro-influenceuses» qui pourraient encourager une consommation excessive de cosmétiques chez les jeunes, un public vulnérable.
Selon l'AGCM, cette promotion des cosmétiques, y compris auprès des préadolescents, pourrait créer un engouement pour des produits comme des masques pour le visage et des crèmes anti-âge, engendrant des risques pour la santé des utilisateurs. Ce nouveau segment de marché attire de plus en plus de marques proposant des cosmétiques colorés et ludiques, ciblant la jeunesse avec des produits tels que des «brumes» et des lotions à thèmes.
Laurence Coiffard, professeure en pharmacie et spécialiste en cosmétologie, a partagé son inquiétude sur le sujet : «L'enfant n'a pas besoin de cosmétiques, mis à part des produits d'hygiène de base», a-t-elle souligné lors d'un entretien avec l'AFP. Les recherches indiquent que l'utilisation prématurée de produits cosmétiques pour adultes, souvent chargés de substances chimiques, expose les jeunes à divers risques sanitaires, tels que des perturbations hormonales.
Dans le même ordre d'idées, la chercheuse américaine Molly Hales, de l'université Northwestern, a précisé que ces pratiques normativisent une vision déformée de la beauté et perpétuent des standards de soins gourmand en temps et en argent. Dans une étude, elle a découvert que des vidéos sur TikTok promouvaient en moyenne six produits par vidéo, souvent axés sur des crèmes pour adultes à un prix moyen de 145 euros. Jeudi dernier, des perquisitions ont eu lieu dans des locaux de Sephora et LVMH en Italie, illustrant ainsi l'ampleur de l'enquête qui pourrait entraîner de lourdes sanctions financières.







