Éric Oternaud, conseiller régional pour le groupe Écologistes et solidaires en Bourgogne-Franche-Comté, n'hésite pas à tirer la sonnette d'alarme concernant la gestion du Smiba, le syndicat mixte intercommunal du Ballon d'Alsace. Selon lui, le syndicat fait preuve d'une absence de vision à long terme face aux enjeux liés au dérèglement climatique. Il critique notamment l'usage excessif des canons à neige, qualifiant la situation d'immobilisme, et appelle à une transformation significative de la station, visant à en faire une véritable destination quatre saisons.
Oternaud souligne que d'autres stations, en particulier celles du Jura, ont pris des initiatives pour s'adapter au changement climatique, en recherchant notamment des aides européennes. "Le Smiba n'a pas de projet", déclare-t-il, s'interrogeant sur l'efficacité de remplir les flancs de neige artificielle qui, quelques jours plus tard, disparaissent sous la chaleur. Selon ses estimations, créer de la neige artificielle coûte entre trois et cinq euros le mètre cube, entraînant des pertes financières considérables. "Des dizaines de milliers d'euros partent à la rivière chaque fois que la neige fond", se désespère l'élu.
Il propose que ces fonds soient réinvestis dans des projets durables, tels que des activités estivales comme le VTT, qui pourraient dynamiser l'économie locale. "Je n'ai pas toutes les solutions, mais il est impératif d'établir une dynamique de projet", conclut-il.
Le Smiba répond aux accusations
Face à ces critiques, le Smiba a tenu à défendre ses actions. Fabienne Thouvenin, la directrice, a expliqué dans un communiqué que le syndicat adopte une gestion raisonnée de la neige de culture, garantissant ainsi une saison alpine prolongée, supérieure à de nombreuses stations des Vosges. Elle évoque le travail de leur équipe, composée de cinq employés permanents et de 25 saisonniers, qui soutiennent une économie locale vibrante.
D'autre part, la directrice assure que des efforts sont en cours pour solliciter des aides dans le cadre d'une mission d'accompagnement vers une montagne durable. Ce projet, co-financé par l'État et les départements, prévoit de présenter des résultats et un plan d'investissement dès l'été 2026. "Les temps changent, et nous devons nous adapter pour rester pertinents face à ces défis environnementaux", insiste Thouvenin.







