En mars, le nombre de permis de construire pour les logements a enregistré une progression notable de 33 %, atteignant ainsi 43 144 autorisations, d'après les données provisoires rendues publiques ce mardi par le ministère de la Ville et du Logement. Ce chiffre se rapproche de celui observé lors du premier semestre 2022, indiquant une très légère remontée par rapport à la seconde moitié de 2025, comme l'observe le Service des données et études statistiques (SDES).
Sur les trois premiers mois de 2025, près de 285 000 permis ont été accordés, marquant une augmentation de 21 % par rapport à la même période l'année précédente. La hausse est particulièrement marquée dans le secteur des logements collectifs, qui a vu ses autorisations augmenter de 49 % pour atteindre 30 013 unités, tandis que les permis pour les maisons individuelles ont bourgeonné de 6,7 %, totalisant 13 131 logements.
« D’avril 2025 à mars 2026, on a compté 395 427 logements autorisés, un chiffre 2 % inférieur à la moyenne des cinq années précédentes », précise le SDES. Notons également que les élections municipales des 15 et 22 mars ont probablement influencé l'octroi des permis de construire.
La construction neuve : un secteur en difficulté
En termes de mises en chantier, 29 854 projets ont été lancés en mars, affichant une hausse de 19,2 % par rapport au mois précédent. Cependant, sur l'année écoulée, seulement 279 832 logements ont vu le jour, ce qui représente une baisse de 17,5 % par rapport à la moyenne des années précédentes.
Le ministère insiste sur le fait que ces données sont provisoires et que le taux de collecte des informations reste partiel. Il est à noter que les révisions mensuelles peuvent modifier considérablement les chiffres antérieurs. Ainsi, le SDES a initialement rapporté une baisse de 1 % pour février, qui a depuis été corrigée en faveur d'une légère hausse de 3,3 %.
La crise du secteur de la construction, persistante depuis trois ans, est imputable à l'envolée des coûts de construction et à la montée des taux d'intérêt qui freine les projets d'acquisition immobilière pour de nombreux ménages. De plus, la fin des mesures de soutien à l'investissement locatif, notamment le dispositif fiscal Pinel prévu pour 2025, a incité de nombreux investisseurs à se retirer du marché.
Selon des experts du secteur, si cette tendance à la hausse des permis de construire se maintient, cela pourrait signaler une reprise potentielle qui apporterait un souffle nouveau à l'immobilier, malgré les défis économiques persistants. Face à une demande qui reste forte, le secteur devra naviguer habilement pour repenser ses modèles économiques.







