Lors du salon Global Industrie, qui se déroule à Villepinte, les conséquences du conflit au Moyen-Orient sont palpables pour de nombreux acteurs industriels. Malgré certaines perturbations, la majorité affiche une attitude positive, espérant une résolution rapide de la crise.
"Notre usine est située à 30 km de la Mecque, un lieu sûr" déclare Tamim Mustafa Burghul, vice-président de Bahra Electric, le seul représentant du Golfe au salon. Paradis énergétique en matière de production, l’entreprise saoudienne continue d’exporter vers plus de cinquante pays sans subir de réelles interruptions d'activité.
"Nous observons quelques hausses de coûts sur les matières premières, mais jusqu'ici, nous n’avons pas eu besoin de nous excuser auprès de nos clients pour des retards", a-t-il également affirmé à l'AFP. La société, qui fabrique des équipements électriques, profita de cette occasion pour élargir son réseau de distribution en Europe.
Les chaînes d'approvisionnement en difficulté
L'escalade des tensions géopolitiques impacte cependant l'accès aux ressources. Les pays asiatiques, par exemple, ressentent particulièrement l'effet des fluctuations des hydrates de carbone, transitant par le détroit d'Ormuz. Sonya Huang, de Chang Way Industries à Taïwan, explique : "La hausse des prix des matières plastiques et des métaux est liée à l'incertitude géopolitique. Le plastique, qui dépend directement du pétrole, en souffre particulièrement."
La société, spécialisée dans les connectiques informatiques, observe avec inquiétude les difficultés d'approvisionnement en naphta, facteur clé dans la production de nombreux composants. "Nous nous efforçons de maintenir la confiance de nos clients, bien conscients des fluctuations des prix à expliquer", précise Huang.
Des activités suspendues et des ajustements nécessaires
Un industriel, qui a préféré rester anonyme, partage des préoccupations similaires, notant des problèmes pour obtenir les dérivés du naphta, ce qui a entraîné une augmentation des coûts. Ashwani Metals, un métallurgiste indien, a dû mettre certaines de ses lignes de production en pause. "Nous avon un fonctionnement à environ 80%, avec des retards de 2 à 4 semaines pour les livraisons européennes", mentionne K. Nagaraj, son directeur général.
Cependant, il rassure également : "Nous n’augmentons pas nos prix, car notre coût du gaz n’a pas changé. Et nos clients sont souvent réticents à accepter des hausses!"
Diversification des ressources
Pour certains, comme STT Bearings, les impacts sont moins prononcés. Neo Niu n’a noté qu’une légère fluctuation des coûts de transport, sa production de roulements à billes ne dépendant pas directement des hydrocarbures. "Notre chaîne de production est alimentée par diverses ressources d'énergie renouvelable, nous protégeant ainsi des variations des pétroles", conclut-il.
Ces témoignages illustrent un secteur industriel est résilient face à un contexte de crise géopolitique, tout en cherchant à maintenir et diversifier leur approvisionnement. Une situation à suivre, alors que le monde surveille attentivement les développements au Moyen-Orient.







