Les restaurants rouvrent leurs portes le 2 juin. À cette occasion, nous rencontrons les grands chefs pour découvrir leur quotidien durant cette période difficile. Aujourd'hui, Jean Sulpice, chef de l'Auberge du Père Bise, partage son expérience.
Madame Figaro. - Comment avez-vous vécu cette singulière atmosphère ?
Jean Sulpice. - J'ai vécu cette période douloureusement, incapable de m'exprimer pleinement. Après avoir repris cette entreprise avec de lourds investissements, il m'était inconcevable de baisser les bras. J'ai opéré une transformation avec des plats gastronomiques à emporter. Très rapidement, j'ai souhaité faire travailler mes producteurs et me réinventer. Aujourd'hui, même avec les protocoles sanitaires, je prends du plaisir à travailler.
Une créativité inédite en période de crise
Cela vous a-t-il inspiré de nouvelles recettes ?
Effectivement, j'ai élaboré de nombreuses recettes, dont une bisque exceptionnelle de poissons écrevisses infusée à la tanaisie, une fleur de montagne.
Cela vous change-t-il d'avoir du temps libre ?
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, j'ai moins de temps qu'avant. J'ai pu profiter de ma famille durant les premières semaines, mais j'ai rapidement dû replonger dans le travail pour stopper l'hémorragie économique.
Avec quelle star auriez-vous aimé être confiné ?
Tony Parker, car c'est une personne brillantissime et passionnée de gastronomie. J'ai déjà partagé des moments joyeux à vélo avec lui.
Pain perdu aux fraises, de Jean Sulpice
Ingrédients pour 4 personnes : 4 tranches de pain un peu rassis, 25 cl de lait, 4 œufs, 80 g de cassonade, fleur d'oranger, 1 barquette de fraises gariguettes. Préparation : Fouettez les œufs avec le sucre et le lait. Trempez-y les tranches de pain avant de les cuire à la poêle avec un peu de beurre jusqu'à ce qu'elles soient dorées, ou au four dans un plat à gratin légèrement beurré, à 180 °C jusqu'à obtention d'une jolie dorure.






