Werner au McDo. Temps de lecture : 3,57 min.
Tous les huit ans, je partage un déjeuner avec Werner Küchler, l'un des meilleurs directeurs de salle en Europe. Actuellement au Relais Plaza, à Paris, il incarne l'excellence et le professionnalisme. Avec une aura rappelant celle de l'illustre Herbert von Karajan, il a été à son service avec une dévotion sans pareil. Le maestro, avec sa table attitrée, avait ses habitudes bien ancrées : potage de légumes, sole meunière et une carafe de Bordeaux. Ce jour fatidique du 16 juillet 1989, lors de la mort de Karajan, a marqué la fin d'une époque pour Werner.
Où emmener cet expert de la gastronomie pour déjeuner ? Les grands restaurants seraient trop pompeux, et la mode ne pourrait que le désenchanter. Une solution inusitée se présente : McDonald's. Rendez-vous est fixé devant le restaurant du boulevard des Italiens, une stratégie pour éviter le flot de critiques. Midi dix arrive : un bel équilibre entre rapidité et confort, avec un sourire accueillant à la caisse et un choix de tables au premier étage, éclairées à la lumière naturelle.
Observer Werner est un régal. Sa tenue sport chic et sa manière de déguster un hamburger, tel un rituel, ajoutent une dimension théâtrale à ce moment. Il ne se contente pas de manger ; il savoure, s’attardant sur chaque goût, combinaisons de sauce, de laitue et de fromage. Peut-être, a-t-il raison : les saveurs se sont améliorées ces dernières années.
Malgré le cadre inhabituel, la clientèle est loin d'être celle des clichés des quartiers populaires. À nos côtés, des jeunes en quête de discrétion, riverains d'une vie bien remplie. Après une demi-heure, nous quittons ce lieu inattendu, le cœur léger, revitalisés par cette expérience unique. L'art de la gastronomie sait se réinventer, même dans les endroits les plus inattendus.







